Nouvelle vignette poids-lourds : quel impact sur l’emploi ?

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C’était le but de l’écotaxe, abandonnée sous l’ère François Hollande…. Et c’est toujours le but de cette nouvelle vignette poids-lourds, dans les tiroirs du gouvernement : faire appliquer le principe de l’« utilisateur payeur », et demander aux entreprises de transports de s’acquitter d’un impôt pour les camions en circulation sur le territoire français. La « vignette poids lourd » serait destinée, selon des sources proches de Bercy et du ministère de la Transition Ecologique, à financer la rénovation des routes et des infrastructures.

 

François de Rugy, le nouveau ministre des Transports, veut faire appliquer cette vignette obligatoire «  dès 2019 », selon un principe simple : « on ne paye plus comme pour le projet d’écotaxe, au nombre de kilomètres effectués. On paye au forfait, pour une semaine, un mois ou un an, en achetant la vignette correspondante que l’on apposera sur le pare-brise du camion. Sur le modèle de la Suisse, où les transporteurs payent 40€ par an et par camion pour pouvoir circuler autant qu’ils le souhaitent ». Un principe similaire à celui d’une nouvelle catégorie de timbre fiscal, en somme.

 

Mais la mauvaise surprise de ce lundi 24 septembre 2018, c’est que ladite vignette était au tout départ surtout destinée aux poids-lourds étrangers, pour leur payer un « droit de passage » sur les routes françaises et les faire contribuer à l’entretien du réseau et des infrastructures. Mais l’hypothèse d’une taxe pour tous les camions, y compris français, aurait en fait la préférence du nouveau ministre. « C’est vrai qu’on a beaucoup mis en avant cette vignette imposée aux poids lourds étrangers, pour essayer de calmer les transporteurs français sur la concurrence déloyale et le dumping social de certains transporteurs d’Europe de l’Est ou du Sud, ou pour compenser leur sentiment d’être les grands perdants, ou en tout cas les grands délaissés de la révision de la directive européenne sur les travailleurs détachés », analyse une source proche du cabinet du ministre. « Mais entre-temps il y a eu l’effondrement du pont de Gênes en Italie, les audits réalisés sur les infrastructures en France, et la prise de conscience qu’il fallait engager de gros chantiers de rénovation et de construction de ponts, par exemple ».

 

Résultat : l’idée fait son chemin de mettre à contribution l’ensemble des professionnels du transport qui utilisent le réseau au quotidien. Les ressources nécessaires aux travaux évalués se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards d’euros, qu’il faut bien aller chercher quelque part… Les transporteurs s’inquiètent des répercussions économiques : « Bien sûr que cela nous inquiète », réagissait ce lundi 24 septembre 2018 au matin Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR (Fédération Nationale des Transports Routiers), au micro des journalistes. « Nous sommes un secteur en déficit de compétitivité, nous sommes lourdement concurrencés au niveau européen, et même au niveau national, l’activité n’est pas si florissante qu’on pourrait se permettre de nous taxer ! Nous sommes exaspérés de voir que la politique des Transports dans ce pays se résumerait à la simple taxation. La ministre des Transports nous propose d’en parler autour d’une concertation, pour nous c’est simple, c’est non. Nous nous avons deux propositions : d’abord faire l’audit de tout ce qui est collecté par l’usage des routes, auprès des automobilistes et des transporteurs, car il y a 40 milliards d’euros collectés par l’Etat donc de quoi régénérer les routes ! Et ensuite, nous proposons que la hausse de 4 centimes par litre de carburant à laquelle nous avions consenti au moment de l’abandon de l’écotaxe, soit elle aussi affectée à l’entretien des routes ».

 

« C’est une décision qui, si elle est appliquée, va nuire gravement à notre compétitivité et ça n’est jamais bon pour l’emploi, puisque cela freine les rentrées d’argent et les investissements », estime de son côté un syndicaliste de l’UNOSTRA (Union Nationale des Organisations Syndicales des Transporteurs Routiers). « Tout ce qui réduit la compétitivité et augmente les coûts de production se répercute à un moment ou à un autre sur l’emploi, pas forcément en se traduisant par des réductions d’effectifs, mais en réduisant la demande des clients, qui vont souffrir de la répercussion de cette mesure sur les prix, ou en réduisant les investissements dans de nouveaux camions pour agrandir les flottes et développer l’activité. Ce qui signifie un frein sur l’embauche, voire un gel complet, le temps d’adapter nos budgets et de voir comment on s’en sort. Si on s’en sort », argumente la CSD (Chambre Syndicale des Déménageurs).

 

Pour les partisans de la vignette, c’est un faux problème : « la mise en place de ce timbre n’impactera pas l’emploi ni la trésorerie des entreprises, parce qu’elles seront largement gagnantes à ce que ces grands travaux d’entretien, de rénovation et de développement du réseau soient effectués », analyse l’Observatoire National de la Route. « Les chaussées, les ponts, les infrastructures coûtent beaucoup plus cher en ce moment, vu leur état, aux transporteurs : en impôts, en entretien des véhicules, en maintenance, en temps perdu sur les réseaux bloqués dès qu’il neige ou qu’il vente un peu, en déviations pour chaussées effondrées, inondées, ponts bloqués ou fragilisés… Un bon réseau, en bon état, c’est la garantie de flottes de véhicules moins abîmés, de chauffeurs qui roulent en meilleure sécurité, avec de meilleures conditions de trajets, une plus grande efficacité et un meilleur rapport  coût / temps passé. C’est bénéfique pour tout le monde, et l’argent investi en vignettes permet de faire contribuer chacun au prorata et d’alléger la facture en faisant participer les transporteurs étrangers. La compétitivité s’accroît avec des temps de transports plus courts grâce à un réseau mieux entretenu. Nous avons la certitude qu’au lieu de toucher l’emploi, ça le boostera, à moyen et à long terme ».

 

 

6 réflexions au sujet de « Nouvelle vignette poids-lourds : quel impact sur l’emploi ? »

  1. Leseigneur Michel

    Sur le modèle de la Suisse, où les transporteurs payent 40€ par an et par camion pour pouvoir circuler autant qu’ils le souhaitent ».

    Totalement faux. Les 40€ concernent les voitures particulières sur les autoroutes suisses. Les camions payent au kilomètres parcouru en Suisse. On prends sa taxe à la frontière à une borne. On entre son kilométrage de départ de la frontière dite. En ressortant du pays, on restituent le coupon avec le kilométrage de sortie et la facturation est faite au kilométrage parcouru.

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    1. IRMI

      Bien dit, en plus le km coute dans les 50 cts, que des fausses infos
      l’ex ecotaxe facturé aux transporteurs français, env 1 milliard, sauf il font que dans
      les 700 millions de profit, donc, tous en faillite

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  2. Vilmint Rosy vilmint khloe

    Ba moi je trouve ça normale qu’on paye une taxe c’est nous tous qui abîment les route même moto voitures quoad vélo voiture sans permis tous même les étrangers doivent payer sur le sol français pas de raison faire payé les gros riches avec leurs. Gros cil Indre

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