Prix des carburants : les transporteurs, inquiets, manifesteront le 17/11/18

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Les tarifs des carburants continuent de s’envoler… Les professionnels du transport sortent de leur réserve et font part de leur inquiétude, pour leur trésorerie et à terme, pour l’emploi : « les prix du gazole augmentent essentiellement à cause des taxes, qui représentent aujourd’hui 60% du prix total d’un litre de carburant », indique un transporteur du nord de la France qui incite désormais ses chauffeurs à aller faire l’approvisionnement de l’autre côté des frontières, en Belgique ou aux Pays-Bas.

« La dernière augmentation du prix du gazole est encore de presque 8 centimes par litres, pour une entreprise de transport qui consomme des milliers, de litres par mois, vous imaginez la répercussion sur les budgets ??? Au total depuis juillet 2018, 22 centimes de hausse par litre, multiplié par 35 000 litres pour mes 20 camions, ça fait 7500 euros de charges mensuelles en plus, 90 000 euros sur l’année, même pas ce qu’on gagne sur notre résultat, comment voulez-vous qu’on fasse ? Moi je vous le dis clairement ça m’emmène dans le mur et mes salariés avec moi. Depuis le début de l’année, on est à 25% de hausse des tarifs pour le gazole, c’est devenu franchement angoissant ».

 

Et la situation ne va pas s’améliorer en janvier prochain : dès le début de l’année 2019, une nouvelle augmentation des taxes sera appliquée au gazole, 6 centimes au total. Et 4 centimes supplémentaires pour l’entretien des routes, soit une surtaxe qui s’ajoute de 10 centimes, dans 2 mois à peine. A tel point que Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, a lancé à son tour une pétition contre cette flambée des prix du carburant. Celle lancée il y a une dizaine de jours par une automobiliste a, de son côté, recueilli près de 500 000 signatures, au moment de publier ces lignes. « Cette augmentation des prix constitue une véritable prise en otage des particuliers en zone rurale et des transporteurs de marchandises par la route », estime le député du Montreuillois.

 

Les Fédérations patronales sont furieuses et montent elles aussi au créneau : « les automobilistes et les transporteurs payent en taxes un total de 39 milliards d’euros chaque année », estime un représentant de la FNTR dans les Hauts de France. « Cet argent doit normalement être alloué à la route. Or, on ne nous dit absolument pas de quelle manière ces fonds sont répartis, à quoi ils servent concrètement chaque année, en revanche on nous dit tous les deux mois qu’il faut rallonger la somme. Nous réclamons davantage de transparence et des bilans chiffrés, des argumentaires étayés, et surtout que la ponction s’arrête ! ». Une manifestation est prévue le 17 novembre 2018, avec des opérations escargot dans toute la France. Pour la première fois, automobilistes et professionnels du transport seront côte à côte dans la protestation. Un mouvement commun inédit.

 

L’objectif du gouvernement, c’est en fait d’aligner les tarifs de l’essence et du gazole, de manière à inciter les acheteurs de véhicules neufs à privilégier l’essence, l’électrique, le gaz naturel ou les systèmes hybrides, moins polluants pour l’environnement et moins nocifs pour la santé publique. « Le but est louable mais c’est beaucoup trop brutal, le gouvernement voudrait que tous les transporteurs investissent du jour au lendemain dans des poids-lourds qui roulent au gaz naturel ou des trucks électriques de Renault, mais ce type de véhicule coûte 30 à 50% plus cher qu’un véhicule standard qui roule au gazole, et même si le gaz naturel liquéfié ou l’électricité coûtent moins cher à l’usage, il faut plusieurs années pour amortir l’achat initial. En nous matraquant de la sorte, le gouvernement nous prive totalement de nos réserves dédiées justement à ce type d’investissement », conclut l’UNOSTRA, le syndicat patronal du transport routier.

 

Dans un entretien publié ce dimanche 28 octobre 2018 dans le Journal du Dimanche, Gérald Darmanin, le ministre des Comptes Publiques, assume : « Nous devons prendre des mesures courageuses [pour l’environnement, ndlr]. On ne peut pas à la fois regretter le départ de Nicolas Hulot et pester contre l’augmentation du prix du diesel (…). Nous assumons une politique conçue pour réduire le réchauffement climatique et les morts prématurés liés à la pollution de l’air (…). Nous choisissons de taxer la pollution et les produits nocifs plutôt que les travailleurs et l’entreprise ». Pourtant, aux yeux des transporteurs, les deux sont clairement liés. Par sûr que le discours parvienne à les convaincre.

 

 

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