Quelle sera la version « macronienne » de la nouvelle taxe poids-lourds ?

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Il y avait un mot à ne pas prononcer à Brest, ce vendredi 5 janvier 2018 au matin : « écotaxe ». Elisabeth Borne, la ministre des Transports, l’a utilisé quand même, mais pour dire « qu’on ne la referait pas ». L’écotaxe. Ok… mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de « taxe poids lourds », les mots sont les mots, il fallait jouer sur les nuances et c’est ce qu’elle a fait. Résultat : aux patrons du transport et de la logistique français, elle a expliqué, en marchant sur des œufs, qu’il fallait bien trouver de l’argent pour financer les infrastructures, mais que cela ne signifiait surtout pas que les bonnets rouges devaient remonter au créneau, parce que d’écotaxe, point.

 

 

« Il est hors de question de revenir à l’écotaxe. Mais nous devons imaginer une manière de faire financièrement participer les entreprises qui font passer des camions sur les routes françaises. Nous souhaitons le faire en coopération et en concertation avec les professionnels du secteur en France », a expliqué la ministre. « De manière à prendre en compte leurs besoins et leurs contraintes, mais aussi les différences entre les régions, selon qu’elles sont très passantes ou moins (comme la Bretagne), certaines plus excentrées que d’autres grands bassins de consommation, de manière à être équitable selon les situations. La réflexion doit prendre en considération ces différences et ces enjeux. Mais on ne peut pas non plus faire comme si c’était normal qu’il y ait des files de poids lourds en continu comme on en voit, qui traversent la France de bas en haut entre les pays du sud de l’Europe et les pays du Nord, entre le Portugal, l’Espagne, l’Italie, et la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas. Les Français ne peuvent pas comprendre que ces transporteurs là ne prennent pas en charge, par une participation, une partie de nos infrastructures ».

 

Il a bien fallu réfléchir à de nouveaux outils de financement, puisque mi-décembre 2017, le  président de la commission de l’Aménagement du territoire et du développement durable au Sénat avait écarté l’idée – polémique et qui commençait à faire monter la tension – d’une vignette (entre 75 et 150 euros par véhicule, elle devait rapporter 3 à 5 milliards d’euros pour le gouvernement, elle était surnommée la vignette anti nids de poule) destinée à financer l’aménagement des routes et leur entretien, « en souffrance depuis plusieurs années », avait-il toutefois insisté, pour laisser la porte ouverte à l’idée d’un plan B pour pallier aux nécessités. Deux options principales dans ce cas : augmenter une taxe qui existe déjà, celle sur les produits énergétiques, ou bien imaginer une version 2018 de la taxe poids-lourds.

 

Si la ministre a bien insisté sur le cas particulier de la Bretagne, excentrée et moins passante que d’autres parties du territoire, c’est aussi parce que le spectre des Bonnets Rouges reste vivace. Ils ont traumatisé les gouvernements Hollande, et les acteurs du quinquennat Macron ne veulent surtout pas le voir resurgir. Or, juste avant les fêtes, le Collectif des acteurs économiques bretons contre l’écotaxe avait réitéré, dans un communiqué, « son absolue opposition à toute espèce de nouvelle version de l’écotaxe sur le transport de marchandises par la route, qui reviendrait à faire augmenter les coûts de production, notamment des régions en périphérie comme la Bretagne ». Et de préciser : « les entreprises de transport de marchandises prennent largement leur part au financement des infrastructures par le biais de la TICPE, de la taxe à l’essieu, des péages et désormais de la taxe carbone. Si le Collectif ne nie pas la nécessité d’engager des travaux d’infrastructures, il considère que les pouvoirs publics ont trop souvent le réflexe de vouloir créer de nouvelles taxes ». Alors qui paiera ? Les poids-lourds français et étrangers, seulement étrangers ? C’est la question sans réponse du jour, « on ne peut pas y répondre aujourd’hui », a indiqué Elisabeth Borne, la ministre des Transports, à Brest.

 

 

3 réflexions au sujet de « Quelle sera la version « macronienne » de la nouvelle taxe poids-lourds ? »

  1. TRICON

    Alors madame la ministre déjà quand vous dites dans votre super discours que faut faire participer financièrement les entreprises de transports qui font passer des camions sur les routes françaises , que les français ne peuvent pas comprendre que les transporteurs ne paye pas une taxe . A savoir que vous sois disant ministre des transports vous devriez saisir que ce l est pas un discours humain et un discours cohérent pour les chauffeur routier français et que des camions il en n a toujours fallu et il en faudra toujours car sa me fait bien rigoler de dire taxe payer mais et même envisager de mettre les camions sur les trains ou de faire acheminer de la marchandise par train mais c est pas un train ou même un 20m3 qui pourra suffire à remplacer les camions et leurs chauffeurs et conductrices aussi pour l économie. Sur ce .

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  2. BRETAUD

    MON COMMENTAIRE EST TELLEMENT VRAI,HONTE AUX MINISTRE DES TRANSPORTS LES TRAITES EUROPEENS, ACCEPTES FRANCE,SUR LES VOLUMES ET QUANTITEES INEGALES ENTRES LES FRONTALIERS. MAINTENAN LES ECHANGES NE SONT PAS EQUITABLES, ALORS FAITES LEURS PAYER A EUX SEULS LES TAXTES D’OCTROITS. LA VIGNETTE REPARATRICE DE TAXE EQUIVALENTE A 4 PALETTES DE PLUS POUR CHAQUE PASSAGE EN SORTIE DE FRANCE. CHEZ NOUS ILS PARTENT AVEC 44 TS ET PLUS ET NOUS SORTANT DE CHEZ EUX PAS PLUS DE 38 TS MANQUE A GAGNER 6 TS DE CHAGE DONC NOUS SOMMES PAS COMPETITIFS.

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  3. BREVART

    Bonjour,
    Pourquoi ne pas faire comme ils font déja dans certains pays (Belgique, Allemagne). L’eurovignette pour tout les étrangers qui traversent notre pays. D’autres part les transporteurs Français sont déja largement taxés ( Ticpe, Taxe a l’essieu et bien d’autres).
    Comment batailler quand la T-R-O pourtant obligatoire n’est pas appliquée.
    Après on se plaind que notre pays va mal, regardez vous Mmes et Mrs les sois-disant politiciens, essayés de faire travailler un peu vos cerveaux avec le peu de neurones qu’il doit vous rester!
    Des solutions existent pour faire baisser le taux de chômage!

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