Aérien : 65 millions d’emplois aujourd’hui, près de 100 millions demain !

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Sur la planète, selon le tout dernier rapport ATAG (Groupe d’Action du Transport Aérien), le secteur du transport aérien fait actuellement travailler plus de 75 millions de personnes, plus que la totalité de la population française… et demain, les experts tablent sur une croissance à deux chiffres, pour atteindre entre 95 et 100 millions d’emplois d’ici la fin du prochain quart de siècle. Un constat, qui se base sur les emplois directs bien sûr, mais aussi et surtout sur les emplois induits, qui gravitent autour du secteur aérien. « Au total, c’est une économie qui génère 3,5% du PIB mondial aujourd’hui, sûrement bien davantage demain, si les Etats ne cèdent pas aux sirènes du protectionnisme », estiment les spécialistes.

 

Un nouveau rapport, qui va dans le sens de celui publié par l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), publié à la fin de l’été (voir notre article). « En fait, c’est une courbe assez vertueuse depuis maintenant cent ans : quand le transport aérien va bien, il a un impact positif sur le PIB mondial, qui à son tour a un impact positif sur le transport aérien », analyse l’ATAG. « Car quand les pays disposent d’une croissance économique à la hausse, leur croissance démographique suit, puis dans la foulée la fréquentation des compagnies aériennes à travers le monde. Dans le même temps, le fret aérien explose, pour suivre la hausse de la consommation à travers le monde et le rythme des échanges de produits. La logistique grimpe, les entrepôts fleurissent un peu partout à proximité des aéroports… ou même, de plus en plus, les transporteurs créent leur propre hub aérien avec leur flotte d’avions privée pour le transport de marchandises. Tout cela fait grimper la courbe de l’emploi, partout. C’est un fait, simple mais avéré, une corrélation logique qui vaut d’ailleurs dans les deux sens. Mais selon notre constat, tous les voyants sont réellement au vert, et plusieurs organismes le disent et le prouvent aujourd’hui ».

 

Pour les spécialistes de l’IA, l’Intelligence Artificielle, c’est même le secteur du transport aérien qui regroupera la majorité des emplois du transport d’ici la fin du siècle : « on n’est pas prêts du tout à cette petite révolution que constituent les transports autonomes, mais on y travaille, lentement, avec beaucoup d’échecs et d’accidents, mais sûrement : cela finira par arriver », analyse un chercheur spécialisé sur l’AI dans la Supply Chain au CNRS. « Certains prédisent que la fin des voitures, des camions ou des trains avec chauffeurs anéantira des milliers d’emplois, mais ce n’est pas un raisonnement économique juste : si on se place d’un point de vue Schumpetérien en tout cas, c’est une évolution de la société qui créera autant d’emplois qu’elle en obligera d’autres, non pas à disparaître mais à se repenser. Et l’aérien sera, en la matière, et vu sa croissance, un énorme générateurs d’emplois dans le transport de demain ». 

 

A l’Observatoire de la Pédagogie et des Métiers de demain, on estime même que des millions d’emplois supplémentaires seront créés pour répondre aux nouveaux besoins : « Les recruteurs, les constructeurs, les entreprises du transport quelles qu’elles soient, vont chercher à embaucher de plus en plus de personnels spécialisés dans l’accompagnement de service, l’information, l’aide à la navigation, la communication V2V d’un mode de transport à l’autre, la maintenance électronique et mécanique, la réservation, la programmation, l’informatique, l’analyse data, la cyber sécurité, les applications, les régies de surveillance et de prise de contrôle à distance, la gestion du trafic, les nouveaux business models…. On va gagner des emplois plus qu’on risque d’en perdre, en revanche on gagnera en pénibilité, les conditions de travail dans les transports s’amélioreront… mais pour comprendre cela et l’anticiper sans en avoir peur, il faut accepter l’idée d’une évolution des secteurs et d’une adaptation des tâches humaines, vers un mieux. Sachant que les robots gérés par des robots, ça ne fonctionne pas, on le voit bien avec les échecs de sociétés comme Tesla aux Etats-Unis ».

 

Pour revenir à l’aérien, les experts comme les industriels tablent sur une progression annuelle accélérée jusqu’en 2030 minimum, avec la construction de dizaines de nouveaux aéroports à travers le monde à mesure que les pays émergents se dotent d’infrastructures : ainsi, selon Airbus par exemple, pour une quarantaine de mégalopoles dotées aujourd’hui de hub aériens capables de gérer plus de 10 000 passagers par jour, il y en aura le double dans à peine 10 ans. Et bien davantage encore d’ici le milieu du siècle. Avec, à chaque fois, des centaines d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects à la clé.

 

 

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