Airbus veut supprimer 700 à 1000 postes : le transport et la logistique impactés ?


Temps de lecture : 4 minutes

2Alors que le géant toulousain de l’aéronautique française affiche des carnets de commande record et un chiffre d’affaires en pleine forme, l’annonce a fait l’effet d’un coup de massue : Airbus compte supprimer un millier de postes en Europe d’ici le mois de juillet 2017. Ce jeudi 24 novembre, une importante réunion de groupe doit se tenir entre la direction et les syndicats. Ce sont ces derniers qui ont tiré la sonnette d’alarme. « Nous nous attendons à un vaste plan social, avec sans doute des licenciements secs, ce qui serait une première dans l’histoire du groupe », expliquent-ils.

 

10Une annonce qui choque d’autant plus que le carnet de commande assure environ 10 années d’activité au groupe, avec un montant qui s’affiche à… plus de 1000 milliards d’euros au total. Mais le patron d’Airbus, Tom Enders, justifie cette décision par la fusion d’Airbus avec Airbus Group, baptisée « plan Gemini ». Le syndicat Force Ouvrière « espère éviter des licenciements secs, mais cela n’est pas gagné : 1000 postes c’est beaucoup, et on ne peut pas forcément les trouver tous sur la base de départs volontaires ou de départs en retraite », estime Jean-Marc Escourrou, secrétaire du syndicat chez Airbus.

 

7Alors quels postes seront impactés ? Airbus est un groupe au sein duquel le transport et la logistique ont une place importante, entre gestion des approvisionnements, pilotage des stocks, une manutention souvent hors normes et énormément de transferts industriels de pièces détachées, qu’il faut conditionner et expédier vers les différents sites d’assemblage par la mer, les airs ou la route, régulièrement en convois exceptionnels au regard de la taille des éléments à transporter. Plus de 600 avions fabriqués chaque année, nécessitent au minimum 15 transports spécifiques par jour : et la supply chain dans l’aéronautique fait travailler des centaines et même des milliers de collaborateurs.

 

6Cependant, ce ne sont a priori pas ces secteurs qui devraient être impactés par la réduction d’effectifs prévue : la direction indique vouloir surtout supprimer les postes qui, avec la fusion prévue des deux entités du groupe, deviendraient des doublons inutiles. Ce sont d’abord les secteurs du tertiaire qui seront touchés : services financiers et juridiques, ressources humaines, stratégie internationale, fusions-acquisitions, achats généraux, communication, affaires publiques… et également la recherche et développement, et tous les secteurs de l’innovation. Des branches d’activité qui ne font pas directement appel à la logistique et aux transports chez l’avionneur. « Il faut relativiser ce que représentent 700 à 1000 emplois sur un effectif global de 136 000 collaborateurs », tempère d’ailleurs la direction.

 

5L’état florissant des carnets de commandes promet même une accélération de la demande du groupe envers ses secteurs logistique et transports, et envers ses sous-traitants dans ces deux activités : notamment du côté de la fabrication des avions civils, qui connaît un véritable boom depuis déjà quelques années. Ainsi, sur le premier semestre 2016, Airbus annonçait avoir enregistré 323 commandes nettes d’avions, pour un chiffre équivalents d’avions livrés dans le même temps… rien que cela ! Des commandes qui, pour un peu moins de 300 appareils, représentent une quarantaine de milliards de dollars de rentrées d’argent pour le groupe. Les A320 Néo, les A350-1000, l’A321 ont particulièrement le vent en poupe.

 

4Ceci étant dit, certaines branches d’activités d’Airbus se portent beaucoup moins bien, et si le groupe a décidé de faire des économies, il pourrait aussi envisager, à terme, de faire le « ménage » au niveau de ses usines, auquel cas le transport et la logistique pourraient alors être davantage impactés que par le plan Gemini : le secteur des hélicoptères, notamment, connaît quelques difficultés. D’ailleurs, le 26 octobre 2016, un plan de départs volontaires dans cette branche avait été annoncé, portant sur environ 520 postes d’ici 2018, en raison d’un « ralentissement du marché ».

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *