Des centaines d’emplois à pourvoir dans le transport routier en France

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10Les transporteurs ont à faire face depuis des années aux difficultés liées à la conjoncture économique (ils ont du traverser la crise de 2008, toujours pas complètement résorbée), à la concurrence des pays d’Europe de l’est et de leurs chauffeurs à bas coût, mais aussi à une pénurie de main d’œuvre criante, dans leur secteur. Nous en parlions déjà sur le blog de la logistique il y a quelques années (voir notre article), mais la situation ne s’est pas franchement améliorée depuis, et le transport de marchandises par la route recrute toujours et même plus que jamais.

 

1« Les chauffeurs routiers représentent un corps de métier plutôt médiatisé, mais souvent ils le sont pour de mauvaises raisons : parce qu’ils organisent un blocage, parce qu’ils sont en grève, parce qu’ils rejoignent les bonnets rouges sur l’écotaxe…. En clair, on entend parler beaucoup d’eux, mais pas forcément pour des raisons qui font rêver sur le métier », explique-t-on à la FNTR, la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers. « Le résultat c’est que c’est une profession où le turn over est très important, où les candidats n’ont pas forcément le bon profil et où ceux qui ont le bon profil ne sont pas forcément candidats. Or, quelles que soient les difficultés économiques, l’évolution des modes de consommation, l’explosion du e-commerce, le développement d’un marché global au-delà des océans et des continents, fait que nous devons recruter dans le transport. Dans notre secteur la croissance de l’emploi restera positive encore longtemps, quoiqu’il advienne. Pour 95% des entreprises de transport les prévisions d’activité à deux ans sont positives et l’emploi augmente de 2% minimum par an, en moyenne. »

 

14La conséquence de cette inadéquation chronique entre l’offre et la demande dans le transport de marchandises, c’est un vivier d’emplois pour qui a envie de tenter l’expérience, et correspond aux critères requis. Régulièrement, aux quatre coins de l’hexagone, de grandes opérations de recrutement sont organisées pour tenter de palier au problème : c’est le cas en cette mi-avril 2017 dans le nord de la France, où plus de 500 postes de chauffeurs routiers sont à pourvoir. La région et Pôle Emploi se sont associés pour répondre à la demande des entreprises dans les 3 prochaines années, sur ces 500 postes aujourd’hui vacants. D’ailleurs, la charte signée a été baptisée « objectif 500 ». Le plus difficile dans tout cela ? « Rendre le métier de chauffeur routier attractif et donner envie. Nous essayons aussi d’être modernes dans notre communication, de plus en plus axée sur les réseaux sociaux comme facebook, twitter ou instagram, de manière à essayer d’attirer des jeunes », explique de son côté la Fédération Nationale du Transport de Voyageurs.

 

4Car l’autre grande inquiétude de la profession, c’est le vieillissement de la main d’œuvre : un patron du transport sur 3 a plus de 55 ans, un sur 5 plus de 60 ans, un tiers des salariés du transport de marchandises français ont également plus de 50 ans aujourd’hui, avec des postes que la modernisation du matériel a rendus moins pénibles, mais qui continuent à jouir de la mauvaise réputation de « travail fatiguant et usant », explique-t-on à l’OTRE, l’Organisation des Transports Routiers Européens. « On a clairement un déficit d’image, alors que le métier a énormément évolué. Les candidats ne se bousculent pas au portillon, persuadés que c’est resté comme dans les années 1980, avec des véhicules aux suspensions défaillantes, des conditions de travail compliquées et uniquement des malabars derrière leur volant, mal payés, exploités, et qui risquent leur vie chaque jour ! Alors qu’aujourd’hui on a de plus en plus de femmes, du matériel roulant hyper confortable et sécurisé, et des conventions de travail souvent meilleures qu’ailleurs. Surtout, le transport routier embauche en CDI, la plupart du temps, ce qui devient quand même rare. Et les seules qualifications demandées sont d’avoir plus de 18 ans pour le transport de marchandises, plus de 21 ans pour le transport de voyageurs, et un permis B. Le reste en général, les patrons du transport routier s’en occupent, et forment leurs salariés après l’embauche et avant les premières missions ».

 

8Les patrons du transport français sont donc logiquement inquiets, à plus long terme, pour la reprise de leurs entreprises : « nous avons un vrai problème de pérennité de nos entreprises et de succession », analyse un membre du comité transport du MEDEF, le syndicat des patrons. « Chez les petits artisans comme chez les industriels, les volumes d’activités n’empêchent pas ces préoccupations, qui touchent de plus en plus d’entre nous. Nous investissons dans des flottes de camions neufs haute performance, dans des mètres carrés d’entrepôts, mais nous ne trouvons ni chauffeurs pour faire rouler nos camions ni jeunes cadres motivés pour reprendre nos entreprises quand nos propres enfants ne peuvent ou ne veulent pas le faire. Un employeur du transport sur 4 aujourd’hui se dit confronté à des difficultés de recrutement, au manque de motivation ou de qualification des jeunes qui veulent travailler dans le secteur. Pourtant, non seulement nous offrons essentiellement des CDI, mais en plus nous ne payons pas si mal : un chauffeur à l’international gagne en moyenne 1400 euros plus environ 800 euros de frais de déplacement ». A bon entendeur…

 

 

13 réflexions au sujet de « Des centaines d’emplois à pourvoir dans le transport routier en France »

  1. Chagot Patrice

    Bonjour,

    Je fais suite à votre article, fort intéressant. je viens de faire un titre professionnel Conducteur du Transport Routier de Marchandises sur Porteur, dans le but d’une conversion de métier à 35 ans. J’ai pu le faire grâce à pôle emploi. Mais je constate aujourd’hui, qu’une grande partie des annonces d’emplois sont en SPL. Alors, je suis retourné vers cette institution pour leur demander une formation pour avoir les capacités de rouler en SPL. Hors, on m’a dit que je viens de faire une formation et que du coup je ne suis pas prioritaire pour répondre positivement à ma demande. La seule possibilité serait de faire un plan opérationnel à l’embauche!

    Ainsi, étant débutant dans cette branche, je voulais avoir votre avis sur la question et avoir votre point de vue sur ce dernier? existe-t-il d’autre solution pour trouver le financement et faire le permis CE?

    Cordialement

    Patrice

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    1. Grumpy_Smurf

      Bonjour patrice,

      Le mieux reste à voir avec une auto-école, ça coute certes 1500€ en moyenne, mais c’est vite rentabilisé. En porteur c’est principalement du régional avec un salaire proche des 2000€ net. En semi pour du régional c’est à peine plus, par contre en national ça monte dans les 3200 – 3400 ( départ à la semaine ) Donc dans ce cas, l’investissement du EC est vite remboursé. Sinon pôle emploi c’est + ou – 18 mois d’attente. Ils estiment que tu peut travailler en C et payer ton EC.

      Aussi tu peut négocier avec ton patron par exemple 3 mois de porteur il retient 3X500€ sur ta paie et go au permis. Certaines auto-école te proposeront de payer enj 3 chèque, mais tu n’aura pas ton permis tant que les 3 ne sont pas encaisser.

      Cordialement

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      1. Dominique

        Salut,

        Je ne sais pas d’où tu sors tes salaires, surement pas dans le transport, tu ne dois pas travailler dans ce secteur ou tu es encore un patron qui fait de fausses promesses pour attirer les pigeons.

        Je vois des jeunes arrivés avec leur permis et FCO fraîchement payés par pôle emplois, mais qui ne connaissent rien de la réalité du métier parce que toutes les entreprises mentent pour les attirer, seulement lorsqu’ils découvrent, au bout d’un mois ou deux, ils se sauvent très vite.

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  2. BIARDEAU

    Bonjour

    Regardes sur internet tu as plusieurs possibilités
    Si tu t’entends bien avec un patron lors de l’embauche tu peux demander à ce qu’il te forme
    Le mieux si tu as travaillé plusieurs mois en intérim les agences intérimaires peuvent t’accorder un financement pour une formation pour passer un permis car tu as cotisé au FASTT
    Tu peux aussi te renseigner sur les heures que tu as le droit de prendre pour un DIF
    vas voir là-dessus https://www.mon-compte-formation.fr/?gclid=CKCq_JKkydMCFRLgGwodTN8Lbg
    pôle emploi ne paie que très rarement une formation un permis si ils ont déjà un grand panel de demandeurs d’emplois ayant déjà la qualification
    Je te souhaites de réussir dans ta reconversion ce n’est pas toujours simple
    resneignes toi aussi dans les organismes de formation
    et avant de se reconvertir, il faut toujours avoir une idée du marché, faire des analyses, un peu comme un plan marketing: y a t-il dans ma région, des demandes ? quel contrat puis-je obtenir (CDD, CDI) ? combien de personnes sont-ils déjà qualifiées et restent sur le carreau ? Est-ce que cela correspondrait à mes attentes (salaire, horaires coincident avec ma vie familiale…)
    Bonne continuation
    Christine

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  3. Omen

    Article intéressant mais pas très réaliste, si les entreprises veulent trouver plus facilement elles devraient se remettre un peu en question car la formation, l’expérience, le salaire et les conditions de travail sont très mauvaise dans ce secteur, même si une minorité d’entreprise joue le jeu et propose des emplois honnête, ce n’est pas le cas de la majorité qui veulent recruter des esclaves plutôt des employés et ceci ne se limite pas à ce seul secteur.

    J’adresse ce message aux personnes qui cherche un boulot depuis longtemps et pourrait se mettre à rêver en lisant cet article car le retour à la réalité sera dur et sera source de forte désillusion.

    J’ai croisé des tas de personnes formé correctement et qui ne trouve pas d’emploi de chauffeur malgré tous les sacrifices qu’ils sont capable de faire pour en trouver un.

    Si certain d’entre-vous qui me lisent sont pas d’accord avec ce que je dit, j’attends vos propositions de CDI ainsi qu’une formation SPL que vous financerez de votre poche, si vous voulez me prouver que j’ai tord, mais je sais que c’est comme au loto, une minorité gagne, d’autre triche et la majorité perd.

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    1. Dominique

      C’est tout à fait ça, ce n’est rien qu’un miroir aux alouettes, si les transporteurs ne changent pas de comportement et continuent de nous prendre pour des cons, ils ne risquent pas de trouver plus de candidats à l’esclave…

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  4. toulouse

    D’accord avec ce que dit Omen
    Faux, les entreprises ne recrutent pas en CDI. Je travaille au service transport d’une société operant dans le frigorifique et je peux vous dire que nos recrutements sont majoritairement en intérim avec une exigence de 3/5 ans de conduite et que nous ne finançons pas le permis C. Quant aux salaires, pour arriver a 1500€ net (hors prime), le chauffeur travaille en moyenne 200 heures par mois en horaire de nuit.

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  5. jerome

    1400 € pour partir à la semaine avec un contrat a 200 h alors que mon épouse gagne 1450 € pour 152h par mois dans une usine et elle est à la maison tout les soir

    chercher l’erreur pour info les 800 € de frais ne sont pas du salaire ils sont croquer sur la route

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  6. Dominique

    Je suis conducteur depuis plus de trente ans, à mes débuts je gagnais beaucoup plus qu’aujourd’hui, dans ma société qui est un grand groupe, j’y suis depuis un an, je suis payé exactement comme un jeune qui démarre sans aucune expérience, vous trouvez cela normal ?

    Vous trouvez que 1400 € de salaire mensuel est attractif pour travailler 12 à 13 heures par jour, avec des prises de postes entre 3 heures et 8 heures le matin sans ne jamais savoir à quelle heure elle se terminera et sans connaitre avant d’être rentré le soir, l’heure de reprise du lendemain.

    Les transporteurs font de belles promesses avant l’embauche et les oublies très vite, il n’y a aucune reconnaissance de notre métier, des autres usagés de la route qui nous prennent pour des emmerdeurs ou pire comme des criminelles, des clients qui nous prennent pour leurs esclaves, comme de nos employeurs, nous sommes des moins que rien.

    Vous dites que 1400 € plus 800 € par mois pour faire de l’international est bien payé, vous plaisantez ! il y a trente on gagnait plus avec un coup de la vie 10 fois moins élevé, les frais de route ne sont en aucun cas du salaire, ils sont dépensés en bonne partie sur la route, il ne compte pas pour les congés payés, en arrêt maladie, le chômage et la retraite, plus les PVs à payer et les points du permis perdus avec les radars toujours plus nombreux.

    Pour commencer l’international n’est quasiment plus fait par les Français, mais par les pays de l’est, le national, c’est pareil, il n’y en a plus beaucoup non plus, on ne fait quasiment que du régional, on rentre tous les jours à la maison, de plus les transporteurs choisissent des heures de travaillent qui ne permettent pas d’avoir des frais de route, ou le minimum.

    Contrairement à ce que vous dites sur les risques sur la route, qu’on ne risque pas sa vie tous les jours sur la route, c’est encore un mensonge, vous ne les voyez pas les accidents tous les jours ? moi oui, parce que j’y suis… Je ne suis pas à l’abri dans un bureau.

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  7. Seb 42

    Dominique a tout dit, rien à rajouter. La dernière phrase du reportage m’a fait tomber de mon siège. Moi ça fait 20 ans que je roule et la petite flamme de ce (pourtant beau) métier est éteinte. A ce jour, je recherche une reconversion professionnelle. Courage à celui qui veut faire ce job aujourd’hui.

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  8. Francis42

    +1 avec Seb et Dominique c est vraiment la réalitée malheureusement, rien à redire…moi aussi la flamme est bien éteinte contrairement à Seb je n ai pas trouvé de reconversion qui m interesse, il me reste 20 ans à rouler, et toutes les nuits je me chie dessus … comportement lamantable des autres usagés de la route (chauffeurs aussi ….) car oui je roule aux limitations 80 km/h sur national…vous avez le droit aux appel de phares, on vous double sur bandes blanches, queue de poisson, doigt d honneur et j en passe…il n y a plus de respect…clairement je reviendrai 20 ans en arrière je ne referai pas ce metier. ..bon courage aux jeune qui arrivent..

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  9. Dédé

    Tout à fait d’accord avec vous cela fait 10 ans que je roule et je ne pense pas faire 10 ans de plus tout est fait pour nous dégoûter de ce travail horaires exploitant les gens ne sont plus civilisés sur les routes tout coome vous l’avais dit sur vos messages auparavant je souhaite beaucoup de courage à ce qui veulent en faire leur métier d’ailleurs la plupart des personnes avec qui j’ai passé le permis ne roule plus. Ce n’est pas pour rien qu’il n’arrive pas à trouver des chauffeurs…

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