Disparition de JOON & HOP ! Quelles conséquences pour l’emploi dans l’aérien ?

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A peine 14 mois après son lancement en grande pompe, c’était le 30 novembre 2017, la compagnie Joon est déjà enterrée par sa maison mère, Air France : le nouveau patron de la compagnie, le canadien Ben Smith, a décidé que les frais suffisaient et que la nouvelle marque n’avait en fait créé « que de la confusion » pour les passagers, et affaibli la marque Air France au lieu de la renforcer. Le calcul est le même pour HOP !, autre filiale du transporteur aérien, un « échec total » pour le nouveau boss et une gabegie financière : 800 pilotes pour une flotte qui a du être réduite de moitié (50 appareils aujourd’hui, 100 au lancement, en mars 2013). Si l’on en croit le dernier Comité d’Entreprise, HOP ! deviendra à court terme « Air France XXX », selon les vœux de Ben Smith : remettre Air France en dénominateur commun pour toutes les entités du groupe, et se concentrer sur ce qui fonctionne : le long courrier et le haut de gamme pour les marques Premium Air France et KLM, le low cost pour Transavia.

 

Quelles conséquences de ces restructurations pour l’emploi ? Difficile, à ce stade, de répondre à la question, mais les observateurs sont plutôt optimistes : « une entreprise qui se porte bien et n’est pas dans le déficit structurel sera toujours plus bénéfique pour l’emploi qu’une entreprise qui se ruine dans des investissements malheureux », estime ainsi un expert de l’Association Internationale du Transport Aérien. « Le trafic du transport aérien, passagers et logistique, double tous les 15 ans, il faudra donc toujours du monde et des recrutements pour assumer cette demande et ces besoins, et Air France a toute sa place sur le marché. Il y a donc plutôt à parier que les postes des filiales HOP ! et Joon seront plutôt redispatchés sur la maison mère et Transavia : ce sont des personnels formés, avec des contrats de travail avantageux pour l’entreprise, ils connaissent les hubs, le matériel, la compagnie, les ajustements seront mineurs. Les questions qui restent en suspens concernent les personnels au sol et des pilotes affectés à des bases régionales comme Nantes, Lyon et Strasbourg : soit Air France y développe ses offres Transavia et y réaffecte son personnel existant, soit ce sont des lignes qui ferment et il faudra que les salariés acceptent de changer de lieu de travail ».

 

Du côté des syndicats, « harmoniser la flotte, les messages passés aux clients et les produits » n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, à condition évidemment que chaque poste soit maintenu au sein du groupe dans une réaffectation qui ne fera pas perdre d’argent ni de qualité des conditions de travail aux personnels : « les salariés eux-mêmes ne sont pas parvenus, sur cette dernière année, à adhérer à la jeune marque Joon, pas plus que les clients ». Les représentants du personnel semblent donc plutôt satisfaits de ces décisions, « qui permettront aux salariés recrutés en externe pour les filiales, de passer sous contrat Air France avec de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail », explique un délégué syndical de pilotes. La fusion de Joon et Air France devrait se faire en avril 2019. Le SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne) réclame la même issue pour HOP !, « quitte à faire grève s’il le faut pour une intégration dans Air France ».

 

 

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