Eurotunnel : après 25 ans d’activité, des recrutements en perspective pour remplacer les départs en retraite

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Malgré le spectre d’un Brexit dur qui se rapproche, avec désormais aux commandes du 10 Downing Street à Londres un Boris Johnson farouchement probrexit et très déterminé à faire plier Bruxelles et à quitter l’UE, y compris sans accord, fin octobre 2019, le groupe Getlink qui gère le tunnel sous la Manche se veut confiant et pense même à des recrutements massifs dans les dix ans qui viennent : « c’est toute la génération qui a commencé il y a 25 ans qui va sans doute progressivement partir en retraite d’ici le début des années 2030, il va falloir la remplacer, et c’est dès maintenant qu’il faut songer à former la relève », explique la Direction du groupe, pilotée par le Français Jacques Gounon, PDG depuis 2005.

 

Pourtant, la grève des douaniers et les positions du nouveau premier ministre britannique pourraient faire redouter une période plus difficile pour Eurotunnel, que Jacques Gounon a sorti de la crise et mené vers les sentiers de la rentabilité avec beaucoup de talent et de maîtrise depuis son arrivée. Mais en réalité, même si Londres quittait l’Europe sans accord, le PDG reste très confiant pour la suite, comme il le confiait ce 23 juillet 2019 sur BFM TV : après une année 2018 record en terme de résultats, et  un premier semestre 2019 « conforme aux attentes », sauf peut-être au niveau du marché automobile, en légère baisse, il pense que l’activité fret se maintiendra, comme elle l’a toujours fait depuis qu’il est question du Brexit.

 

« Nous savons traverser les frontières », aime-t-il à répéter aux journalistes qui l’interrogent : 25% des échanges entre l’Union Européenne et la Grande-Bretagne passent par le tunnel sous la Manche, ce qui représente près de 140 milliards d’euros… Au quotidien, 1 million de colis prennent les navettes fret Eurotunnel rien que pour le compte du géant du commerce-en ligne Amazon. Et toujours selon Getlink, la messagerie express sous le tunnel continue à augmenter de manière vertigineuse chaque année, spectre du Brexit ou pas : entre 20 et 30% de hausse annuelle !

 

De quoi garder confiance en l’avenir. Quant aux problématiques frontalières, qui inquiètent les douaniers de Calais en cas de retour aux frontières entre la Grande-Bretagne et le continent européen, pas d’inquiétudes non plus au niveau d’Eurotunnel, qui se dit rassuré par les embauches massives de ces derniers mois pour anticiper une hausse de l’activité en cas de « no deal », et qui rappelle que les technologies permettent aujourd’hui de laisser passer les véhicules conformes sans même les obliger à s’arrêter. Bref, rien qui puisse freiner les prévisions d’embauches du groupe dans les dix ans qui viennent du côté du littoral français : Eutunnel est le premier employeur privé du Calaisis, avec environ 3500 salariés dont les trois quarts en France, les autres de l’autre côté de la Manche.

 

« C’est un environnement passionnant car en évolution constante », explique la direction des Ressources Humaines. « Nous recherchons avant tout des gens motivés et passionnés par cette aventure que représente Eurotunnel depuis 1994 : jamais outil plus performant n’a été imaginé pour permettre le fret et le transport de passagers sous la mer, les ingénieurs de l’époque ont réalisé une prouesse qui ne se dément pas aujourd’hui. Nous avons besoin de talents dans la maintenance et l’ingénierie, pour entretenir ce bel ouvrage : 150 postes viennent d’être ouverts, notamment, pour la rénovation des navettes pour une phase opérationnelle qui doit démarrer fin 2020 et durer 6 ans.

 

Pour nos bureaux d’études d’ici là, nous recrutons des planificateurs, des concepteurs et des programmateurs, entre 30 et 40 personnes dédiées à la phase d’études qui doit durer deux ans. Pour la phase opérationnelle, en partenariat avec l’entreprise Bombardier, nous recherchons des agents de maintenance, des électrotechniciens… Enfin, d’ici 2030, nous recruterons les personnels nécessaires au remplacement de nos futurs retraités : des agents pour conduire, réguler et entretenir les trains. Nous avons créé le CIFFCO (Centre International de Formation Ferroviaire de la Côte d’Opale) pour former directement nos nouvelles recrues à plus d’une quinzaine de métiers du ferroviaire ».

 

 

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