Journée de la femme : elles sont les bienvenues dans le transport et la logistique !

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Et pas seulement le 8 mars de chaque année, mais bien 365 jours par an : aujourd’hui, le transport routier comme le secteur logistique recrutent des femmes, et de plus en plus, dans quasiment tous les métiers. Que ce soit chauffeur, responsable logistique, planificateur, technicien, cariste ou agent de maintenance. Et peut-être, puisque l’Académie Française a estimé qu’il n’y avait pas d’obstacle à la féminisation des noms de métiers, faudra-t-il bientôt les appeler plutôt chauffeuse, planificatrice, technicienne et agente…

 

Une bonne chose, car finalement, n’est-ce pas la forte masculinisation des noms de métiers dans ces deux secteurs historiquement très virilisés, qui posent des barrières psychologiques aux candidates, plutôt que les tâches et les postes eux-mêmes ? « Aujourd’hui, dans les métiers à l’origine pénibles donc presqu’uniquement occupés par des hommes, il y a de la place pour les femmes même si elles sont les premières à penser d’office que ça n’est pas pour elles, parce que les a priori sont coriaces et que la société a construit cette image testostéronée des transporteurs et des logisticiens », explique l’organisation professionnelle Femmes en Mouvement. « Une image qui doit impérativement changer aujourd’hui si les recruteurs veulent séduire des candidates et pouvoir les recruter ».

 

De la place pour les femmes, oui, et pour plusieurs raisons : « d’abord, parce que ce sont des secteurs qui souffrent d’une cruelle et chronique pénurie de main d’œuvre, et qui sont désormais ouverts et prêts au recrutement de femmes, y compris aux postes haut placés ou aux postes qui demandent de manager des hommes. Ensuite, parce que les tâches autrefois pénibles ne le sont plus, ou en tout cas quasiment plus, et dans la majorité des catégories de métiers : la numérisation et l’automatisation ont permis de déléguer aux ordinateurs et aux machines les étapes trop physiques de manutention pour recentrer les métiers sur la réflexion stratégique, l’organisation, l’amélioration de la productivité, la gestion etc… et à ces postes-là, on s’est souvent rendu compte que non seulement les femmes étaient « capables », mais en plus qu’elles étaient meilleures pour des salaires hélas encore souvent inférieurs ! », estime l’Observatoire de la Mixité.

 

Mais sur ce dernier point, les choses devraient changer bientôt : avec le décret entré en vigueur le 1er mars 2019 sur l’égalité salariale hommes femmes, les recrues du transport et de la logistique devraient voir logiquement leur rémunération augmenter rapidement pour permettre aux employeurs d’atteindre la parité, sous peine de très lourdes amendes (jusqu’à 1% du coût de la masse salariale pour les entreprises de plus de 50 salariés qui ne joueraient toujours pas le jeu en 2022). « Encore une barrière psychologique qui doit sauter ! », analyse l’association La Route au Féminin. « Encore que le métier de chauffeur soit l’un des rares en France où il n’y ait pas trop de disparités salariales entre les 95% de chauffeurs hommes et les 5% de chauffeurs femmes ! ».

 

Et dans les faits, la féminisation est en route dans le transport et la logistique, sans mauvais jeu de mot ! D’après l’Observatoire de la Féminisation des Entreprises, les femmes représentent aujourd’hui plus de 20% des emplois dans ces deux secteurs, tous métiers confondus, soit quelques 130 000 postes dans toute la France. « Le problème c’est que ces femmes sont trop discrètes, et que les entreprises ne communiquent pas suffisamment sur elles », analyse l’Observatoire. « Regardez les colloques, les meetings, les tables rondes, les invités, les débatteurs, bref quasiment 100% des intervenants sont des hommes ! Pour faire face à la pénurie de personnel et donner envie aux jeunes, et notamment aux jeunes filles, de se professionnaliser dans le transport et la logistique, les employeurs doivent montrer que la France possède déjà des expertes de talents sur ces sujets et dans ces secteurs historiquement masculins. Il faut faire des émules, et quoi de mieux pour cela que de mettre en avant la réussite de celles qui ont franchi le pas ? »

 

 

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