Le chômage au plus bas depuis 10 ans : une tendance qui s’inscrit dans la durée

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Il concerne désormais 9 actifs sur 100 en France : le taux de chômage s’affiche à « seulement » 8,2% de la population en âge de travailler en métropole, 8,5% si l’on inclut les Outremers. C’est 66 000 demandeurs d’emploi de moins qu’au premier trimestre 2019, et c’est surtout du jamais vu depuis une décennie : depuis janvier 2009 précisément.

 

Surtout, selon les économistes spécialisés dans l’emploi, c’est une tendance appelée à s’inscrire dans le temps, et non pas un simple épisode éphémère : « De bons résultats à mettre au profit des réformes du gouvernement depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir il y a un peu plus de deux ans », estime un proche de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

 

Aujourd’hui, selon l’INSEE (Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques), la France métropolitaine est donc passée sous la barre historique des 2,5 millions de chômeurs, puisque la baisse de 0,2% du chômage entre le premier et le second trimestre 2019 a ramené à 2,4% leur nombre. Par rapport au second trimestre 2018, on enregistre une baisse de 0,6% en sur un an. Selon l’analyse du BIT (Bureau International du Travail), le taux global devrait même s’établir à 8,3% pour la France et les Outremers, et descendre à 8% pour la métropole, d’ici la fin de l’année. Preuve que « la conjoncture est peut-être en train de laisser place à quelque chose de plus structurel, peut-être lié aux réformes de François Hollande, peut-être liées à celles d’Emmanuel Macron, qui commenceraient à faire effet », analyse le Centre d’Etudes de l’Emploi et du Travail (CEET). « On constate notamment que les entreprises ont moins peur d’embaucher en CDI, en particulier les PME et les TPE, et ça c’est quelque chose d’inédit depuis la crise de 2008 ».

 

Et c’est la catégorie des jeunes demandeurs d’emplois qui bénéficie le plus de cette embellie : le taux de chômage des 15-24 ans, traditionnellement très haut (en moyenne, au moins deux fois le taux de chômage moyen toutes catégories confondues), s’établit à 18,6% au deuxième trimestre 2019, soit une baisse de 0,6% par rapport au début de l’année et de 1,5% par rapport à la même période l’an dernier. Cela baisse moins fort mais cela baisse tout de même chez les seniors (plus de 50 ans), -0,2 points, et chez les 25-49 ans (-0,2 également).

 

« Attention toutefois, ces chiffres masquent d’autres réalités », rappelle la DARES, le pôle études et statistiques du Ministère du Travail : « Le nombre de personnes qui ne travaillent pas du tout en France est en baisse, est c’est une vraie victoire pour l’exécutif. Mais le combat contre le chômage continue, car on observe que d’autres catégories augmentent légèrement : le nombre de personnes qui souhaitent travailler mais pas dans l’immédiat, parce qu’elles ne sont pas disponibles tout de suite et donc ne cherchent pas activement au moment T, ce que l’on appelle le « halo » autour du chômage, ces personnes là sont un peu plus nombreuses au second trimestre 2019. Et puis même constat pour les personnes qui travaillent à temps partiel mais souhaiteraient passer à temps complet, elles sont aussi un peu plus nombreuses ce trimestre-ci. Cela n’enlève rien au fait que globalement, les résultats sont excellents ».

 

 

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