Les hôtels logistiques : un concept qui génère de nombreux emplois

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De quelle manière assumer le développement à grande vitesse des demandes de livraisons express des consommateurs urbains, sur leur lieu de loisir, de travail ou à leur domicile ? Comment aider les e-commerçants d’internet à répondre à leurs besoins logistiques ? C’est le principe de l’hôtel logistique, un concept qui accélère le développement du secteur et génère une multitude d’emplois dans la plupart des grandes villes de France. Ces structures, qui associent les besoins de plusieurs clients et leur permet de concentrer, d’associer et de rentabiliser leurs flux logistiques, fleurissent un peu partout et offrent des centaines de postes à la fois logistiques et tertiaires.

 

« Le commerce sur internet a encore grimpé de 15% par an ces deux dernières années, c’est devenu un support de vente crucial et incontournable pour les commerçants, certains abandonnent même complètement l’idée du retail physique pour se consacrer aux clients du monde qui les sollicitent sur la toile et suffisent à leur chiffre d’affaires. Aujourd’hui en France, rien que sur le web, il y a plus de 200 000 magasins en ligne, dont une écrasante majorité de start-up qui n’ont pas les moyens d’assumer seules la logistique nécessaire pour se développer et suivre l’augmentation éclair de la demande. Car en 2018, 8 Français sur 10 vivent en milieu urbain et consomment sur internet », explique la Fédération du e-commerce et de la Vente à Distance. « Il faut répondre à plusieurs exigences simultanées : limiter le nombre de véhicules dans les centre-ville, répondre aux besoins des PME et des TPE en matière de transport et de logistique, et répondre aussi aux exigences des consommateurs qui veulent tout, toujours plus vite et n’importe où ! ».

 

Le concept de l’hôtel logistique répond à tous ces besoins en même temps et connaît un succès phénoménal en France. Installés en banlieue des grandes villes, près des autoroutes et des axes principaux, des nœuds de chemins de fer ou des ports, ils démocratisent la logistique en permettant à tous de s’approvisionner et de distribuer des marchandises de manière efficace et à moindre coût. « L’appellation d’hôtel logistique est limpide : le principe, pour être concret, c’est de grouper les flux, les besoins comme les ressources, en mutualisant les flottes de véhicules, le cross-docking dans les entrepôts, sur des plateformes communes, les hubs de messageries, et les personnels. Cela ne diminue pas l’emploi, au contraire : cela en crée, puisque sans ces hôtels logistiques les entreprises qui les utilisent n’auraient tout simplement aucune structure logistique et ne permettraient de toute façon pas de faire travailler du monde sur le transport et la logistique. Là, au contraire, en groupant les donneurs d’ordres sur une structure multi modale commune, on crée d’immenses besoins, on travaille sur d’énormes volumes, puisqu’on additionne les stocks des uns et des autres, et on embauche énormément pour le fonctionnement quasiment en continu de ces sites qui répondent à des besoins complémentaires : certains préfèrent qu’on traite leur logistique de jour, d’autres la nuit, d’autres encore le week-end…. Il en faut, du personnel, pour assurer de telles rotations ! », analyse la FEVAD.

 

Le concept de l’hôtel logistique permet aussi une vraie souplesse en matières d’associations : entre acteurs du public et du privé, entre grandes entreprises et toutes petites entreprises (TPE), en permettant à tous de respecter davantage les normes environnementales, de dépenser moins en faisant des économies d’échelles sur l’immobilier, les camions et les fourgons, de rentabiliser les livraisons sur le dernier kilomètre en remplissant le moindre véhicule au départ… « Le résultat, c’est que la logistique, qui avait déserté les grandes villes, s’y réinstalle. A Paris par exemple, les restrictions de circulation avaient eu raison des implantations intra muros. Mais avec l’explosion du commerce en ligne, les entrepôts qui font plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés en périphérie des villes ne suffisent plus, il faut aussi des sites plus petits en cœur de villes pour s’approcher au plus près des bassins de consommateurs. A Paris par exemple, le projet Chapelle International, mis en service début 2018, combine le ferroviaire et le routier, permet aux entreprises de répondre aux besoins des Franciliens, dont on sait aujourd’hui que 90% d’entre eux font leurs achats sur internet », explique l’IAU (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme). « La vitesse à laquelle une entreprise va faire transiter le produit vendu du point A (le dépôt) au point Z (le client final) va déterminer sa réputation, son développement, le bouche à oreille des clients qui générera la croissance, et donc l’emploi. C’est devenu un enjeu fondamental. Les hôtels logistiques permettent ces activités à haute valeur ajoutée à des PME et des TPE qui n’auraient pas pu se hisser à ce niveau sans une mutualisation logistique ».

 

Ces hôtels logistiques se sont adaptés à l’époque, qui fait la vie dure aux transporteurs dans un souci de protection de l’environnement et de limitation du réchauffement climatique (interdiction des véhicules diesels, péages urbains pour les véhicules polluants…). Les nouvelles structures investissent donc, aidées par les collectivités locales et territoriales, trop heureuses d’y voir là l’occasion de limiter l’encombrement en centre ville de camions et de camionnettes de livraison, dans des flottes de véhicules électriques ou qui roulent au gaz, plus silencieux aussi. l’Institut Supérieur du Transport et de la Logistique, « les hôtels logistiques sont le symbole s’il en est un, de la logistique moderne et de la logistique de demain : un supply chain durable, qui n’est plus considérée comme une verrue dans le paysage urbain et s’y intègre parfaitement, générant des milliers d’emplois pour les travailleurs citadins.  L’offre comprend à la fois le fluvial, le ferroviaire et le transport de marchandises par la route ; il permet de grouper les frais d’entreposage, de grutage, de transport et de manutention ; il offre à chacun l’opportunité d’un interlocuteur unique qui gère l’ensemble de sa chaîne logistique, en maîtrise toutes les subtilités et connaît les stratégies ».

 

A Lyon, après la vente de deux parcelles de 40 000 et 10 000 m² à l’entrée de la zone portuaire, un hôtel logistique urbain doit voir le jour en 2019 et groupera le fret fluvial, ferroviaire, par la route et par oléoduc, avec des véhicules à hydrogène et électriques. Il devrait générer plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’emplois dans la logistique et le transport. A Paris, le projet Chapelle International évoqué plus haut, installé Porte de la Chapelle au nord de la capitale, emploie sur 44 000 m² plus de 300 personnes : un nombre appelé à doubler d’ici 2022, peut-être avant. Un autre projet est en cours, un hôtel logistique dans le sud est de Paris, entre Bercy et Charenton : trimodal (fer, route, tram), la plateforme fera travailler sur 17 000 m² des personnels capables de traiter 170 000 tonnes de marchandises annuelles, soit là encore 300 nouveaux postes créés minimum. A Bordeaux enfin, un hôtel logistique a été inauguré en avril 2018, avenue de Tourville, en plein centre de la métropole girondine : 4700 m² pour un time share (répartition du temps) entre plusieurs grands groupes qui mutualisent ainsi l’outil logistique, locaux, véhicules et équipements. Plusieurs dizaines d’emplois y ont été créés.

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