Rentrée scolaire : des milliers d’emplois dans le transport d’élèves

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Partout en France, chaque jour, 12 millions d’élèves vont à l’école, au collège ou au lycée. Si, dans les grandes villes, les infrastructures du tramway ou du métro leur permettent de rallier leur établissement scolaire sans souci, lorsqu’ils habitent dans le centre, en revanche tous ceux qui vivent en périphérie urbaine ou en zones rurales empruntent dans leur grande majorité les autobus scolaires. Mais les compagnies de transports scolaires prestataires pour les collectivités peinent à recruter suffisamment de chauffeurs pour pouvoir répondre à la demande et affréter le nombre suffisant de cars, dans la plupart des régions.

 

En ce début d’année scolaire et quelques jours après la rentrée en classe, les collectivités lancent donc un appel aux professionnels de la conduite de bus : « nous avons partout en France des centaines, peut-être même des milliers de postes à pourvoir, pour pouvoir assumer nos responsabilités d’acheminement des élèves dans leurs établissements tous les jours le matin et le soir, du lundi au samedi », explique la Fédération des Transporteurs par Autobus. « Dans la plupart des départements plusieurs dizaines de postes de chauffeurs scolaires sont vacants et nous devons demander à nos salariés de faire beaucoup d’heures supplémentaires et de longues distances pour rouler tous les jours, et remplir nos obligations de prise en charge. Mais les écoles ont sensiblement les mêmes horaires un peu partout et nos chauffeurs ne peuvent pas se démultiplier pour être à plusieurs endroits à la fois : c’est donc typiquement le genre de secteur d’emploi où nous avons besoins de recruter pour faire face à la demande et où les autres options de substitution sont limitées ».

 

C’est aussi l’explication à la pénurie de volontaires : des emplois du temps morcelés, avec de longues amplitudes horaires, des moments d’activités intenses qui succèdent à l’attente et inversement, et donc beaucoup de recrutements à temps partiel. Mais pour attirer les candidatures et améliorer les conditions de travail, les employeurs s’adaptent : ils proposent de plus en plus des formations rémunérées aux personnes que le métier attire mais qui n’ont pas encore le permis adéquat ni les compétences requises : « C’est vrai qu’on peut voir cela comme un point négatif, de devoir prendre son service à l’aube, souvent avant 6H du matin, pour arrêter à 9H et reprendre à 16H. Mais en même temps ça permet aussi d’avoir une vie entre les deux, d’avoir éventuellement un autre travail et du coup une double rémunération, et quand on a des enfants ou des petits enfants qui ne sont pas encore scolarisés, ou des parents âgés, etc…., de les voir la journée. Nous offrons la formation, puis un salaire au-dessus du SMIC sur 13 mois, en début de carrière », explique le patron d’une société de transports de voyageurs située au Mans. « Nous essayons aussi, de plus en plus, de coupler le transport scolaire avec du transport de personnes âgées, malades ou handicapées, pendant la journée, soit pour des petites excursions de loisirs à la demande des maisons de retraite, soit pour du transport ambulancier. Nous essayons de former nos salariés à ces différents postes pour qu’ils puissent occuper un temps plein sur différentes activités de transport de personnes ».

 

Les chauffeurs de transports scolaires auxquels nous avons pu poser la question nous disent tous la même chose : une fois que les habitudes et le rythme sont pris, le métier est plutôt plaisant : « c’est beaucoup de contact humain, et avec les enfants c’est particulièrement riche : ils sont souvent drôles, il y a les mignons très sages et les turbulents attachants, les bandes de copains et les solitaires, les endormis du matin et les bavards du soir… des petits rituels qui s’installent, chacun sa manière de dire bonjour, ceux qu’il faut apprivoiser et ceux qu’il faut éduquer au respect, toujours avec bienveillance… on fait partie de leur quotidien et ils nous aiment bien, on le leur rend bien d’ailleurs ! », explique Roger, 57 ans, dans le métier depuis 12 ans après avoir renoncé à sa carrière d’éleveur de vaches laitières, dans la région toulousaine.

 

Selon les régions, entre 200 et quelques milliers de postes de chauffeurs de bus sont nécessaires au bon fonctionnement des transports scolaires. Des postes pour lesquels il n’est plus nécessaire aujourd’hui de justifier d’une formation ou d’expérience, car une mise à niveau de 3 mois gratuite est désormais presque toujours proposée aux nouveaux embauchés…. « La plupart du temps en CDI, ce qui devient précieux aujourd’hui », précise un patron de PME qui gère les transports scolaires de 3 grosses collectivités en Picardie. Indiquant aussi que c’est l’un des secteurs du transport qui donne la part belle aux femmes. Aujourd’hui, l’amélioration des conditions de travail et des niveaux de rémunération sont de mieux en mieux pris en compte par les sociétés, qui veulent trouver du personnel et le garder.

 

« Mais nous lançons un appel aux collectivités et à l’Etat : si on veut maintenir en France une situation de transport scolaire au niveau de la demande et avec de bonnes garanties d’efficacité et de sécurité, il faut que les pouvoirs publics agissent pour éviter une trop forte pression à la baisse des prix des contrats de transport, et pour limiter l’inflation des normes (véhicules dotés de GPS et d’appareils de communication, vignettes pour la pollution, hausse des exigences et des prix des contrôles techniques…) qui augmentent chaque année les coûts des autobus scolaires et impactent directement les entreprises dédiées, qui pourraient davantage encore attirer les conducteurs en améliorant leur rentabilité et en la répercutant sur les salaires, mais aussi en achetant des véhicules neufs plus confortables et en proposant régulièrement des formations complémentaires », estime de son côté la CGT Transports. Qui rappelle le rôle fondamental des conductrices et des conducteurs de cars scolaires dans le système éducatif français.

 

 

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