Assurance chômage et bonus malus : les entreprises du transport et de la logistique ne veulent pas freiner les recrutements

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Les représentants des entreprises du transport ont à nouveau été reçus fin octobre 2019 par le Secrétaire d’Etat au secteur, Jean-Baptiste Djebbari, pour évoquer les grandes problématiques économiques et sociales qui les touchent, avec les nombreuses réformes mises en place par l’exécutif, à commencer par celle de l’assurance-chômage qui entrera en vigueur ce 1er novembre 2019. En effet, 9 organisations professionnelles ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat afin de faire annuler le fameux « bonus-malus », dispositif dont nous vous parlions cet été et qui a pour objectif, selon le gouvernement, de pénaliser les entreprises ayant un recours jugé trop systématique ou abusif aux contrats courts.

 

Or, avec les exigences de flexibilité qui sont les leurs, les entreprises du transport et de la logistique sont parmi les plus consommatrices de contrats courts, avec des recours à l’intérim très importants pendant les périodes de suractivité, comme pendant les soldes, les fêtes de fin d’année ou les grandes opérations promotionnelles qui boostent les ventes sur internet. Et plus le e-commerce monte en croissance (+13,4% en 2018), plus les opérateurs de flux que sont les transporteurs et les entrepôts de logistique ont des besoins importants en main d’œuvre et travaillent à flux tendus.

 

« Nous avons besoin d’être souples pour pouvoir nous adapter aux périodes de forte demande et aux période de moindre activité », explique l’une de ces Fédérations professionnelles. « Mais de plus en plus, la question ne se pose même plus dans la mesure où, avec le e-commerce, nous sommes en tension 12 mois par an, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. La pénurie de main d’œuvre, même à temps partiel ou en contrat court, nous oblige à refuser des commandes et à laisser le marché à la concurrence étrangère, ce qui est dramatique dans un pays comme la France où les transports et la logistique sont deux secteurs porteurs de croissance économique et font baisser le chômage (les recrutements ont augmenté de 20% en 2018 dans ces deux secteurs, ndlr). Le deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage qui inclut ce système de bonus malus ne va faire qu’empirer le problème, et touchera de plein fouet pas moins d’une dizaine de secteurs de l’économie française (transport de marchandises, logistique, transport de voyageurs, distribution, tourisme…) et plus d’un million de salariés. L’exécutif est totalement imperméable à nos arguments, basés sur une réalité de terrain et sur la vraie vie de nos entreprises et des personnes qu’elles emploient ».

 

Malgré la pression mise sur le gouvernement par les organisations professionnelles, peu d’avancées significatives pour l’instant : Jean-Baptiste Djebbari a réaffirmé que le bonus malus s’appliquerait bien à toutes les entreprises de manière universelle, y compris celles qui ont le plus recours aux contrats courts ; la hausse de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) est aussi confirmée, à hauteur de 2 centimes par litre, car, selon le Secrétaire d’Etat aux Transports, « la route doit payer la route » : les recettes prévues sont de 140 millions d’euros annuels pour financer les infrastructures et le réseau routiers.

 

Jean-Baptiste Djebbari

Quelques lots de consolation tout de même : cette hausse de la TICPE fera l’objet d’un aménagement pour les professionnels du transport frigorifique, la durée d’avance de trésorerie sera réduite pour tous les professionnels du transport lors du paiement du gazole à la pompe, et les camions les moins polluants auront droit à une carte de paiement professionnelle. Enfin, le gouvernement a confirmé le maintien de l’AFT, cette taxe qui finance la formation aux métiers du transport, avec un assouplissement de l’âge d’entrée dans la profession pour tenter de remédier en partie aux problèmes de pénurie de main d’œuvre.

 

 

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