Bientôt 2 nouvelles taxes aux routiers : une en France et une en Europe !

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On se souvient tous du grand fiasco que fut l’écotaxe pour les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy et François Hollande, et de la gabegie financière (plus d’un milliard d’euros) que constitua cet échec cuisant pour l’exécutif… Pour se substituer à l’ex mesure ratée victime de l’insurrection des Bonnets Rouges bretons, le gouvernement actuel réfléchit donc à une mesure de substitution qui permettrait de rattraper ce qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe considèrent comme du temps perdu : les camions pourraient donc prochainement être obligés de payer une vignette, pour avoir le droit de circuler sur les routes.

 

Il s’agirait donc en fait d’une sorte de macaron périodique, destiné à financer les dépenses et les investissements pour aménager et entretenir les infrastructures routières en France. En clair, un autocollant payé quotidiennement, hebdomadairement (25€ par semaine), mensuellement (50€ par mois), ou annuellement (500€ par an), destiné à orner le pare-brise des camions et peut-être des véhicules de messagerie express, qui ne concernerait que les professionnels de la route et non les particuliers (déjà soumis à une forme d’écotaxe dans les grandes villes, comme Paris, où il faut la vignette de la bonne couleur pour pouvoir circuler, faute de quoi le propriétaire du véhicule polluant et étiqueté comme tel par son blason, sera verbalisé).

 

On soupçonnait un tel projet depuis le début de l’année 2018 (voir notre article), il semble donc se confirmer : Elisabeth Borne, la ministre des Transports, l’a confirmé le 29 mai 2018. Cette mesure sera intégrée au texte de la future loi mobilité, qui doit être présentée en Conseil des Ministres d’ici le début de l’été, en tout cas avant les vacances des ministres et des députés. C’est le Conseil d’orientation des infrastructures qui a soumis cette idée au gouvernement, dans son dernier rapport consultable ici. L’enveloppe globale espérée par le gouvernement avec cette mesure : 320 millions d’euros par an.

 

Une mesure évidemment refusée d’emblée par les transporteurs routiers, opposés « quelle que soit la forme de la contribution », à une nouvelle taxation des professionnels du transport de marchandises par la route, selon un communiqué commun publié par la FNTR (Fédération Nationale des Transporteurs Routiers) sur son site internet, à lire ici. « C’est la taxe de trop, alors que notre compétitivité est déjà lourdement handicapée par la concurrence internationale », estimait ainsi Florence Berthelot, Déléguée générale Fédération nationale des transports routiers, dans les médias, le 29 mai dernier. « Toute augmentation de taxe sur le transport routier serait automatiquement répercutée au client, ce qui entraînerait une baisse de pouvoir d’achat pour l’ensemble des Français ». Même analyse du côté de TLF (Union des Entreprises de Transport et Logistique de France) : « tout ce qui pèsera sur nos trésoreries pèsera sur notre compétitivité, donc sur l’emploi dans nos secteurs d’activité ».

 

Mauvais temps pour les routiers : cette annonce intervient en même temps qu’une autre, à l’échelle européenne cette fois : l’UE réfléchit en effet de son côté à des frais d’autoroute supplémentaires en fonction du niveau de pollution des véhicules. Cette fois ci, tout le monde serait concerné, professionnels comme particuliers. Une taxation qui pourrait prendre effet dès le début de l’année 2021 pour les poids-lourds et les véhicules utilitaires, et à partir de 2026 pour les voitures. C’est la députée au Parlement européen, la française Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, d’obédience socialiste, qui est à l’origine de cette idée : « Plus de 30% des émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports routiers », rappelle-t-elle. « Cela n’était jusqu’à présent absolument pas pris en compte et il fallait changer cela ».

 

Là encore, les syndicats patronaux des transports et de la logistique refuse l’hypothèse : « la note est déjà salée, aux péages, les poids-lourds payent déjà deux à trois fois plus cher que les voitures. Donc les professionnels contribuent déjà davantage que les particuliers. Sur un Paris Strasbourg par exemple, une voiture va payer 50 € environ, un camion paiera 120€, et avec cette taxe supplémentaire de l’UE, il paierait encore 40€ pour un camion ancien, et il paierait 15 € pour un camion récent. Ce qui veut dire que même avec un camion qui pollue peu, on paye encore très cher, là encore bien plus que les particuliers : sur le même trajet, avec cette taxe, un particulier paierait entre 1 et 4 € de plus au maximum selon le type de véhicule qu’il conduit et la pollution générée. Cela semble déjà énorme, le surcoût pour un seul camion, alors vous imaginez le trou dans la trésorerie quand on a une flotte de 30, 50 ou 200 camions ??? », demande un patron de PME dans le transport routier spécialisé à l’international. Plus de 500 000 poids lourds sont concernés en France par cette éventuelle mesure.

 

 

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