Elections européennes : les enjeux pour le transport

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Le transport et la logistique sont, par définition, des secteurs au carrefour de l’économie, de la société, de la recherche et développement, de l’innovation et de l’écologie : autant d’enjeux que les élections européennes risquent soit de bousculer, soit de conforter, soit de remettre en question. Autant d’enjeux qui justifient que l’on s’intéresse d’un peu plus près à ces données que l’on ignore souvent… car peu d’acteurs du transport comme de la logistique savent à quel point l’Europe pèse lourd dans leur vie, dans tous les sens du terme.  Et la nouvelle mandature qui se profile pourrait bien modifier beaucoup de choses dans leur quotidien le plus concret.

 

Aujourd’hui, les transports et la logistique sont en effet en train de vivre des bouleversements majeurs : toujours plus d’échanges, d’interaction entre les différents coins de la planète ; ce qui signifie toujours plus de passagers, plus de marchandises, plus de flux à organiser. Certains misent sur un doublement du nombre de voyageurs d’ici 30 ans, et jusque 80% de hausse pour le trafic du fret. Or, l’Europe est un acteur majeur de ces transformations, dans la mesure où elle a davantage que les seuls Etats, les moyens d’infrastructures modernes, rénovées, performantes ; les moyens des technologies et de l’innovation pour des transports toujours plus à la pointe, plus performants, plus compétitifs, plus sûrs et plus confortables ; c’est aussi elle qui détient aujourd’hui les clés des secteurs de l’énergie, de l’environnement ou encore de la sécurité des hommes et des biens, et de la lutte contre la contrebande, la concurrence déloyale, le dumping social, le travail au gris ou au noir.

 

L’ouverture à la concurrence ? C’est l’Europe. La réciprocité sociale et la réglementation du travail détaché ? C’est aussi elle. La transition énergétique ? idem. Les évolutions pour favoriser la mobilité ? Toujours elle. Mieux que des phrases, des chiffres pour appuyer le propos : depuis les dernières élections, qui remontent à 2014, l’union Européenne a contribué aux transports français à hauteur de 3 milliards d’euros ; dans certaines régions comme le territoire de Belfort, certaines lignes de TER ont pu rouvrir grâce aux subventions européennes, après quasiment 30 ans de fermeture. Les pistes cyclables, les couloirs de bus dans les grandes villes, sont aussi largement le fruit de la coopération européenne… et des subventions. 23 millions d’euros pour une nouvelle ligne de métro, par exemple, à Paris.

 

Surtout, dans un premier temps exclue de la directive sur les travailleurs détachés (lire aussi), le transport routier devrait bientôt lui aussi être doté de nouvelles règles à l’échelle de l’UE : chauffeurs routiers détachés, temps de travail, charges sociales, cabotage… le texte final a demandé plus de deux ans de négociations, il devrait être validé après les élections européennes mais évidemment, tout dépend des résultats.

 

Et justement, quels sont les programmes des différents candidats pour les transports et la logistique ? Le groupe Renaissance auquel appartient Nathalie Loiseau, tête de liste de la République en Marche, veut investir 1000 milliards d’euros d’ici 2024 pour les transports, et leur transition écologique vers des énergies propres, mais aussi pour accompagner les évolutions sociales des travailleurs dans ces secteurs en constante mutation et qui ont souvent peur pour l’avenir de leur emploi ; le parti de la majorité présidentielle veut aussi mettre en place une taxe carbone sur les produits de l’importation en France, et, pour ce qui concerne la logistique, interdire les conditionnements en plastique non recyclable.

 

Le Rassemblement National, lui, est plutôt opposé aux transports de marchandises sur longue distance et prône pour des réglementations dissuasives, qui favorisent les circuits courts, le local, et la réduction voire la quasi disparition des flux longue distance, pour un protectionnisme restauré. Avec des périmètres de consommation et de production restreints au maximum. Jordan Bardella, tête de liste RN soutenu par Marine Le Pen, souhaite ainsi purement et simplement « la fin du libre échange ».

 

La liste des Républicains portée par François Xavier Bellamy, veut de son côté remettre en place des droits de douanes indexés sur le niveau de pollution des véhicules à l’intérieur des frontières de l’Europe. Et porte un plan « zéro carbone » à mettre en vigueur d’ici 2050. Sur la gauche de l’échiquier politique, la France Insoumise a un programme très peu précis sur les transports : tout juste Manon Aubry, la tête de liste portée par Jean-Luc Mélenchon, précise-t-elle qu’elle souhaite taxer ou verbaliser tous ceux qui « solliciteront la planète davantage qu’elle ne peut le supporter »… Enfin, le Parti Socialiste et la liste Place Publique porte un plan d’investissements de 400 milliards d’euros par an, dont 60 milliards de contribution hexagonale, pour des émissions de CO² divisées par deux dans les dix ans qui viennent, avec notamment la mise en place d’une nouvelle taxe sur le kérosène.

 

 

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