Fret et logistique : quels projets pour demain en France?

1 commentaire

La loi d’orientation sur les mobilités doit être présentée au parlement très bientôt, puisqu’elle était prévue pour le printemps ; au plus tard, le texte sera soumis aux députés en septembre 2018. En tout cas, l’occasion de se pencher sur ses quelques 220 mesures en chantier, parmi lesquelles 25 points précis devraient concerner directement les secteurs fret et logistique. D’ici 2 semaines, la Ministre des Transports, Elisabeth Borne, doit réunir un think thank intitulé « groupe Fret + » et lancé en septembre 2017, avec pour mission de mener une stratégie d’avenir et de développement pour la filière logistique française.

 

« Il s’agit de mener une réflexion autour de plusieurs problématiques cruciales pour notre futur en la matière », explique un membre d’une organisation patronale participant aux séminaires et aux tables rondes de la Commission Logistique 2025 et du groupe Fret+. « Par exemple, il faut éduquer les Français en matière de logistique : c’est un secteur qui embauche énormément, où la demande en main d’œuvre est très forte, où le travail ne manque pas, et pourtant on manque de bras. Le grand public est trop ignorant, en 2018, de ce que c’est que la logistique, les flux, la manutention, les rouages pour répondre toujours mieux et toujours plus vite aux besoins des consommateurs modernes. Ce n’est plus possible aujourd’hui d’accepter l’idée qu’une majorité de Français ne sait pas répondre à la question : savez-vous ce que c’est que la logistique ? ».

 

Autre enjeu majeur de la future loi et des réflexions en amont : la prise en compte du fait que le secteur marchand vit depuis quelques années une révolution numérique, liée à la consommation sur le net… révolution qui accélère encore ces derniers mois, avec des alliances et des mariages de géants de la vente en ligne avec des géants de la vente physique. Autant de pactes qui transforment radicalement le marché et bouleversent les équilibres et les rapports de forces. « Il faut aujourd’hui que les pouvoirs publics prennent en compte cette révolution et mettent en place un accompagnement des Très Petites Entreprises (TPE) et des Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui ne savent pas forcément faire face à cette déferlante numérique, et surtout s’y fondre et s’y intégrer. Car savoir s’adapter à la vente en ligne et y contribuer, c’est ouvrir ses frontières aux consommateurs de l’étranger et accéder à un marché mondial et universel. Encore faut-il savoir s’y prendre, il faut donc former les entrepreneurs à ce nouveau canal, qu’on ne peut plus ignorer aujourd’hui si l’on veut réussir », explique un chercheur de l’Institut Supérieur d’Etudes Logistiques.

 

La future Loi d’Orientation sur les Mobilités se penchera aussi largement sur la question, toujours liée à l’emploi et à la problématique du recrutement, de la formation en transport et logistique : « Les métiers évoluent, par exemple, pour revenir sur cette question de la révolution digitale qui bouleverse de fond en comble les secteurs du transport et de la logistique, il faut aujourd’hui que les entreprise du transport et de la logistique embauchent des spécialistes du e-commerce, des webmasters, des modérateurs, des gestionnaires de flux, etc. Plus globalement, on en revient à cette question de l’offre d’emplois supérieures à la demande : il faut former les jeunes à ces métiers d’avenir, et leur donner envie de s’y engager professionnellement sur du long terme. Travailler sur les questions de l’attractivité, de la désirabilité, de la progression, des avancées de carrières dans les métiers de la logistique. Travailler, enfin, sur son ouverture aux femmes, encore trop minoritaires dans les entreprises », analyse un économiste du CRET-LOG, le Centre de Recherche sur le Transport et la Logistique, un laboratoire dédié à la filière et ses évolutions.

 

Enjeu d’avenir lui aussi, le développement durable dans les activités du transport et de la logistique : « la future loi d’Orientation devra trouver des solutions pour accompagner les entreprises du transport et de la logistique sur le chemin d’une plus grande propreté : réduire les émissions de gaz à effet de serre, mettre en place les éléments d’une charte pour une logistique durable, et accélérer ce qu’on appelle dans notre jargon le verdissement des flottes, c’est-à-dire le passage de flottes de véhicules diesel à des flottes de véhicules propres, au gaz ou électriques », détaille l’Observatoire de la Mobilité. « Il faut notamment faire prendre conscience aux collectivités qu’elles n’ont plus le choix et qu’elles doivent amorcer en urgence la transition ». « Autant de problématiques déjà abordées et réfléchies dans le cadre de la COP 21, du Plan Climat et du paquet mobilité : nous voudrions aboutir à un fret qui puisse à la fois se développer massivement et continuer à répondre à la demande des consommateurs, de plus en plus gourmands en logistique et en transports puisque la livraison à domicile et les achats sur internet explosent, tout en visant la neutralité carbone, à terme. Il faut sensibiliser l’ensemble des acteurs de ce collectif économique à la transition énergétique et écologique, inéluctable ».

 

Autant d’objectifs qui n’intéressent pas seulement le marché du transport et de la logistique, mais toute l’économie française, l’Etat, et les contribuables : « Nous sommes à un carrefour stratégique pour la France : si elle veut rester performante, si elle veut entrer dans une nouvelle dimension dès maintenant, si elle veut réussir sa mutation, la logistique ne peut pas passer à côté des changements qui s’imposent. Elle doit aussi se développer en investissant de nouveaux marchés, comme la santé, notamment, de plus en plus connectée : l’Etat pourrait ainsi économiser plusieurs milliards d’euros, entre 20 et 60 milliards d’euros, et les réinjecter dans des investissements pour la logistique du futur, comme l’hyperloop par exemple », explique en « off » un membre du cabinet d’Elisabeth Borne au ministère des Transports. Lire à ce sujet notre article.

 

 

Une réflexion au sujet de « Fret et logistique : quels projets pour demain en France? »

  1. marinho

    taux horaire d’un conducteur super poids lourd en ile de france : 9.82 brut , soit environ 7.50 net
    bizarrement il y a des difficultés de recrutement..

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *