Social : pourquoi la réforme des retraites met le feu dans les transports

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Les Parisiens seront parmi les premiers à en faire les frais : la grève de la RATP (Régie des Transports Parisiens) promet d’être extrêmement suivie dans le métro de la capitale ce vendredi 13 septembre 2019. En cause : la réforme des retraites, qui suscite un mouvement de protestation rarement vu depuis la tentative d’Alain Juppé, en 1995, hormis en 2007, lorsque Nicolas Sarkozy avait lui aussi voulu réformer les retraites. Pourquoi le secteur des transports est-il aussi susceptible sur le sujet ? Quels sont les enjeux ?

 

« Les 7 principaux syndicats de la RATP sont vent debout contre le projet de réforme des retraites du gouvernement Macron, et les plus importants, Sud, la CGT, l’UNSA et la CFE CGC, ne baisseront pas la garde facilement », analyse l’Institut des Politiques Publiques. « Car l’un des axes forts de cette réforme des retraites, c’est la fin des départs anticipés pour certains régimes spéciaux : à la RATP, à la SNCF et dans l’industrie du gaz, notamment. Avec un âge légal qui serait le même pour tous, quel que soit le secteur, c’est-à-dire 62 ans. Sauf une petite dérogation à 60 ans pour ceux qui auront commencé à travailler particulièrement jeunes ».

 

Les préconisations du Haut-Commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, prévoient en effet de ne plus appliquer des mesures qui avaient été imaginées il y a plusieurs décennies pour compenser la pénibilité du travail des cheminots et assimilés, dans les transports. « On n’est plus au charbon, c’est vrai, mais le travail dans les transports publics reste extrêmement contraignant et le départ en retraite plus tôt est aujourd’hui notre dernière compensation pour des vies professionnelles à travailler en horaires décalés, très tôt le matin et très tard le soir, le week-end et les jours fériés, et pour les conducteurs de métro, la plupart travaillent sans voir la lumière du jour, ce sont des éléments de pénibilité réels et qu’il faut prendre en compte », explique la CGT RATP. « La fin du calcul de la pension par rapport aux six derniers mois d’exercice fait aussi bondir les agents, qui vont perdre énormément d’argent avec le nouveau système par points ». « Nous demandons une pension d’au moins 75% du revenu net, des droits permettant un départ en retraite dès 55 ans, voire 50 ans pour les métiers les plus difficiles, et l’égalité homme femme dans ces conditions de départ en retraite », complète l’UNSA.

 

Dès cet été, le secteur des transports routiers avait mis en garde le gouvernement contre la réforme des retraites : dans le TMR (Transport de Marchandises par la Route) aussi, le projet de l’exécutif fait grincer des dents : ils redoutent à nouveau que ne soit remis en cause leur CFA, le Congé de Fin d’Activité spécifiques aux conducteurs routiers de marchandises, aux professionnels du déménagement et aux transports de fonds et de convois exceptionnels : il permet aux agents de plus de 56 ans ayant conduit entre 20 et 26 ans un véhicule de transport, de partir en retraite. Une dérogation qui concerne uniquement les conventions collectives des activités de transport et auxiliaires : fret interurbain et de proximité, fret express, location de camions avec chauffeurs, services de messagerie et de déménagement, affrètement et organisation des transports, sécurité, poste et courriers.

 

« Le CFA a été garanti à nos professionnels jusque fin 2020, on est donc dans une période de sursis », explique l’OTRE, l’Organisation des Transports Routiers Européens. « Les partenaires sociaux doivent en effet  négocier avant le 31 décembre 2019 un nouveau dispositif de gestion des fins de carrière, se substituant au CFA. Ce nouveau dispositif devra entrer en vigueur le 1er janvier 2021 au plus tard. (…). L’avenir du congé de fin d’activité préoccupe nombre de salariés. Et on ne peut raisonnablement pas donner tort aux organisations syndicales des inquiétudes qu’elles portent. (…).Ce dispositif, instauré en 1997, permet en effet aux conducteurs routiers ayant une ancienneté suffisante de partir en retraite cinq ans avant l’âge légal, en conservant 75 % de leur salaire brut jusqu’à leur retraite effective. Le financement est assuré pour moitié par les cotisations des salariés et des employeurs et pour moitié par l’État ».

 

 

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