Transport et logistique : quelles maladies professionnelles et quoi faire ?

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machinesC’est une très ancienne loi, datant, de 1919, qui régit les maladies professionnelles. Mais, même si elle a bientôt un siècle, cette législation est assez souple et évolutive : en effet, elle fonctionne selon un système de « tableaux » de maladies professionnelles par secteur reconnues par le Code de la sécurité Sociale. Et ces tableaux sont régulièrement mis à jour en fonction de l’évolution des techniques utilisées dans les métiers, et des progrès de la médecine.

 

maladieSi vous avez le sentiment de souffrir d’une maladie professionnelle, la première chose à faire est d’aller vérifier sur ces tableaux, si ce dont vous pensez souffrir, ou ce que votre médecin traitant vous a diagnostiqué, est reconnu comme maladie professionnelle par la Sécurité Sociale. Si vos symptômes figurent dans le tableau, alors votre maladie est automatiquement considérée comme professionnelle.

 

Pour les transports et la logistique, la Sécurité sociale reconnaît sensiblement les mêmes types de pathologies :

–   Les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par des vibrations de basses et moyennes fréquences transmises au corps entier ;

–   Les affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle habituelle de charges lourdes

–   Des affections articulaires provoquées par certains gestes et postures de travail

–   Des atteintes auditives provoquées par le bruit

 

transportEnsuite, en fonction de la spécificité de votre secteur, certaines pathologies supplémentaires sont également reconnues comme maladies professionnelles. Par exemple, pour le transport d’animaux, sont reconnus comme telles la « maladie du charbon », les maladies dues aux bacilles tuberculeux et à certaines mycobactéries, ou encore le « rouget du porc » ou Érysipéloïde de Baker-Rosenbach, autant de maladies spécifiquement transmises par le bétail ou l’animal plus généralement. Autre exemple : pour le transport de matières dangereuses, les affections provoquées par les rayonnements ionisants, ou encore les lésions de la cloison nasale provoquées par les poussières de chlorure de potassium, sont reconnues maladies professionnelles.

 

chargeMais dans le transport ou la logistique, de nombreux autres risques sont encourus qui ne sont pas forcément reconnus comme facteurs déclencheurs de maladies professionnelles. Ainsi, un chauffeur poids lourd sera aussi exposé en continu ou très régulièrement à d’autres situations qui, à terme, peuvent nuire à sa santé : astreinte visuelle, exposition au froid (camions frigorifiques), contact avec les produits transportés (collectes des ordures ménagères par exemple), gaz d’échappement et pollution atmosphérique, contraintes psychologiques (pression et stress à cause des délais, de la vigilance continue, du travail de nuit, des horaires irréguliers, de la solitude, des agressions…). Dans la logistique, le « taux de sinistralité » est élevé : ces dernières années, le nombre d’accidents et de maladies du travail dans ce secteur ont augmenté (+5% en 5 ans). Dans la branche logistique, l’activité a augmenté de 30% depuis 2011, ce qui explique en partie la hausse des statistiques pour les accidents et maladies professionnelles, mais cela reste un domaine où les salariés restent plus exposés qu’ailleurs : fortes  contraintes de délais et d’exigences de la part des clients, rythme soutenu, tâches répétitives qui entraînent des troubles musculosquelettiques fréquents, environnement excessivement bruyants, travail en hauteur ou en équilibre et port de charges lourdes…

 

Pour éviter au maximum une trop forte exposition à ces risques et maladies professionnels du transport et de la logistique, quelques principes de base à respecter au quotidien :

–   porter des bouchons d’oreilles le plus souvent possible

–   adapter ses vêtements de travail aux conditions auxquelles on est exposé (froid, chaleur, humidité…)

–   porter des gants pour éviter les coupures, et un casque ou une casquette renforcée s’il existe des risques de collision

–   porter des chaussures de sécurité

–   demander à votre médecin traitant une ordonnance pour pratiquer des séances de kiné ou d’ostéopathie régulières (une par semaine dans l’idéal, ou une tous les quinze jours minimum)

–   parler avec le CHSCT, les syndicats et la direction de tous aménagements qui vous semblent indispensables en termes d’organisation du travail : les rythmes, les horaires, l’ordonnancement, la répartition des activités, l’entraide entre les salariés, les modes d’évaluation et de rémunération des personnels, la mise en place des indicateurs de santé appropriés aux différentes activités de travail, l’ergonomie des outils de manœuvre ou des véhicules poids lourds (cabine suspendue, siège suspendu, accessibilité de la cabine, chauffage, climatisation…), choix des itinéraires pour les chauffeurs et des heures de circulation…

–   faire une pause dès que vous ressentez une intense fatigue visuelle ou sonore, et respecter le rythme d’une consultation par an chez l’ophtalmo et chez l’ORL pour pouvoir bénéficier des corrections appropriées si nécessaire

–   éviter au maximum l’usage du téléphone portable en travaillant (pour des raisons évidentes en ce qui concerne les conducteurs, mais dans la logistique aussi, travailler avec le téléphone coincé entre l’oreille et l’épaule engendre des postures redoutables pour les muscles et le squelette !)

–   prendre des repas légers (baisse de vigilance après la digestion) et sans alcool

 
 

3 réflexions au sujet de « Transport et logistique : quelles maladies professionnelles et quoi faire ? »

  1. La chaussure

    La chaussure de sécurité reste la base de la sécurité dans ces domaines…je pense que si tout le monde porterait de bonnes chaussures de sécurité, il y aura bien moins de gaspillage!

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