Bilan du SITL 2019 : compétitivité, blockchain, complémentarité et emploi

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Le SITL, le salon sur l’innovation transport et logistique, vient de s’achever au salon du parc des expositions, Porte de Versailles à Paris, pour son édition 2019. Quel bilan, quelles perspectives, quels enjeux pour le secteur du transport et de la logistique, si l’on en croit les professionnels du monde entier qui s’y sont retrouvés du 26 au 28 mars 2019 pour échanger, partager et réfléchir ensemble sur leur présent et surtout sur leur avenir ? Voici, dans les grandes lignes, ce que l’on pouvait retenir de ces 3 jours :

 

Le transport et la logistique restent des secteurs d’avenir

 

Cette nouvelle édition du SITL a prouvé une chose : la recherche et développement est en pleine santé dans les secteurs du transport et de la logistique, et les innovations sont étonnantes : blockchain (voir notre article), drones, robots ultra-perfectionnés, logiciels du futur…. Dans l’univers de la supply chain, les nouvelles idées sont légion et les grands groupes favorables à des partenariats de plus en plus nombreux avec des start-up spécialisées dans la performance, la flexibilité, la sécurité, la fiabilité et la rentabilité.

 

Le digital est en train de faire sa révolution dans les transports et la logistique, des machines aux produits connectés en passant par la surveillance des produits, leur traçabilité et le renforcement permanent du lien de confiance entre les différents acteurs de la chaîne logistique, grâce aux ordinateurs : principe du « jumeau numérique », « automatisation », mode « cloud » pour gérer la planification, mais aussi prévention des pannes et aléas logistique, gestion des stocks, prévisionnel des besoins clients…. Autant de chantiers sur lesquels les acteurs principaux du marché en France s’investissent à 100%, convaincus que c’est la clé du monde de demain. Le concept des livraisons par drones est lui aussi en plein développement, et devrait se concrétiser dans notre quotidien dans les proches années, quand cela n’a pas déjà commencé d’ailleurs (voir notre article). Enfin, la cyber sécurité est au centre de toutes les préoccupations.

 

L’emploi a de belles années devant lui

 

Malgré l’essor du digital et de la robotisation, l’humain reste au cœur du transport et de la logistique, toujours marqués par une grave pénurie de main d’œuvre dans tous les métiers. La filière représente aujourd’hui en France plus de 10% du PIB, chiffre appelé à grandir encore, pour 2 millions d’emplois qui ne comblent pas, loin de là, les besoins des recruteurs. « L’emploi reste au cœur de cette économie du transport et de la logistique en France, il est faux de dire que demain les robots auront pris la place. Ils permettent d’alléger la pénibilité de certains postes et de favoriser l’émergence de nouveaux métiers. Ils permettent éventuellement de pallier les carences de main d’œuvre sur certains maillons de la chaîne. Mais la vitalité de l’emploi dans ces domaines de l’économie sont au cœur de sa réussite », explique ainsi un expert du Think Thank France Stratégies, le commissariat général à la stratégie et à la prospective rattaché au cabinet du premier ministre.

 

Le transport et la logistique ne peuvent plus ignorer les problématiques de l’environnement

 

C’est l’un des principaux défis des prochaines années pour la filière : adapter les process et les évolutions à la problématique environnementale, devenue centrale dans la société, et désormais un critère incontournable dans les choix des consommateurs. Ne pas en tenir compte, c’est se condamner, à terme : aujourd’hui, les clients de la supply chain sont aussi des citoyens hyper conscients des enjeux du réchauffement climatique, les jeunes générations manifestent par milliers dans tous les pays du monde pour appeler à un sursaut politique mais aussi sociétal…. Or, ces jeunes lycéens sont les acteurs et les consommateurs de l’économie de demain, ils transposeront nécessairement ces exigences dans leur mode de vie, de consommation, de production et d’entrepreneuriat. Les grands groupes comme les PME du Transport et de la Logistique n’ont donc d’autre choix, pour un avenir proche, que d’y réfléchir sérieusement et d’en tenir compte dans leurs stratégies de développement.

 

L’immobilier logistique et une meilleure intégration des ports dans la supply chain en France

 

Voilà, enfin, deux autres grandes problématiques de la logistique et du transport de demain : l’immobilier logistique est désormais crucial, à l’heure où les mètres carrés se raréfient, où les tissus urbains se densifient, où l’activité se concentre et où internet globalise tous les territoires et tous les réseaux en une vaste et unique toile parsemées de millions de consommateurs de plus en plus exigeants, gourmands, et rapides. Il faut être partout, tout le temps, et le maillage des entrepôts devient plus que jamais une des clés absolue de la réussite ou de l’échec d’un distributeur ou d’un transporteur aujourd’hui. L’immobilier logistique est en pleine expansion, avec des problématiques compliquées et ambitieuses, et il crée d’ailleurs de nouveaux métiers et des centaines d’emplois chaque année (voir nos articles : 2016 un grand millésime pour l’immobilier logistique  mais aussi la logistique un secteur exemplaire  et les hôtels logistiques).

 

Les ports, une des priorités du gouvernement pour les années à venir si l’on en croit le discours d’ouverture du SITL par Elisabeth Borne, la ministre des transports, doivent devenir le centre névralgique des plateformes multimodales et font l’objet d’un grand plan opérationnel des pouvoirs publics : «  une nouvelle grande stratégie portuaire pour laquelle une consultation nationale a été lancée jusqu’au 4 juin via la plateforme en ligne https://www.merlittoral2030.gouv.fr/. Objectif : organiser de nouvelles réflexions autour de l’emploi dans les ports, du développement et de l’industrialisation portuaires, et autour des investissements et de la transition numérique dans les ports ». Les enjeux : recruter pour les nouvelles activités sur les plateformes logistiques géantes qui se créent autour des zones portuaires, tout en améliorant les conditions de travail et en atténuant la pénibilité des tâches, mais aussi effectuer la transition écologique nécessaire, et s’adapter à l’essor galopant du e-commerce.

 

 

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