Peut-on être chauffeur poids lourd… et femme à la fois ?

5 commentaires

camionOn les croit toujours grandes et baraquées : erreur ! Il n’est pas forcément nécessaire d’être « Musclor » pour être femme… et chauffeur poids-lourds ! Même si elles sont encore minoritaires dans le métier, elles sont de plus en plus nombreuses… et se disent très heureuses. Témoignages. 

1 m 69, 50 kilos, brune, cheveux long, regard déterminé, Constance a 29 ans et de l’énergie à revendre. La vie de bureau, elle a essayé, mais à part la climatisation, rien ne lui plaisait ! Sa vie, Constance la préfère dans la cabine de ses 16 tonnes. « Quand j’ai décidé de faire ce métier, mes proches n’ont pas été si surpris que ça », raconte-t-elle. « J’ai toujours été garçon manqué ! »

poids_lourdIl faut dire que le frère de Constance est chauffeur poids-lourd, et ça l’a toujours fait rêver. Alors, elle s’est engagée dans l’armée pour pouvoir obtenir le permis adéquat, puis elle a postulé… Contre toute attente, les a priori sur les femmes ne sont pas si tenaces dans la profession, puisqu’elle a immédiatement décroché le poste de chauffeur livreur convoité. Aujourd’hui, elle transporte du matériel de chantiers, du sable, du ciment, des pierres et des gravats… même pas peur ! « C’est un travail physique, c’est vrai, mais je fais du sport et quand c’est vraiment trop lourd, les collègues masculins viennent gentiment m’aider ! De la même manière qu’ils aident leurs collègues masculins, d’ailleurs ! »

chauffeur_routierCarole, elle, a la même énergie, le même enthousiasme pour son métier. A 36 ans, elle bourlingue sur les routes de France depuis un petit moment. « Je me sens bien dans ma cabine », raconte-t-elle. « C’est une sensation très particulière, et qui n’a rien à voir avec le fait d’être au volant d’une voiture. On est en hauteur, ça donne une impression d’espace, de liberté, d’indépendance. On est très autonomes ». Carole conduit aujourd’hui des « super poids-lourds » et des semi-remorques. « Depuis que j’ai des enfants, j’ai du m’organiser autrement, poursuit-elle. Je faisais du national, je me limite maintenant au régional. Maintenant, je pars à 20 heures et je reviens dans la nuit, vers 3 heures… Je dors, mon mari accompagne les enfants à l’école, je les récupère à midi et je m’en occupe le soir après la classe. Mon mari est chauffeur aussi, il ne fait plus que du plateau, sur la journée. »

conducteur_PLEvidemment, certains clichés ont la peau dure, et il faut avoir du caractère. « Je fais 1m60 pour 52 kilos », raconte Stephie, 22 ans. « Même s’il n’est pas nécessaire d’être un bûcheron pour conduire un 38 tonnes, quand vous débarquez et que vous êtes la seule femme dans une équipe de « vieux de la vieille », qui ont tous des pin-up accrochées dans la cabine et qui rigolent parce que vous prenez ¾ d’heure pour vous mettre à quai, c’est psychologiquement éprouvant. Aujourd’hui, je mets 10 minutes à faire une manoeuvre, c’est mieux que certains chauffeurs, ils me respectent. C’est même gratifiant, on devient un peu la « mascotte ». Mais il faut avoir le cuir dur au départ. Bon, de temps en temps, c’est dur aussi sur la route, les automobilistes sont parfois très machos ! Quand je suis dans mon camion, certains se mettent à ma hauteur pour me faire des gestes obscènes… Mais il y en a d’autres qui sont super sympas, qui me laissent passer même quand je n’ai pas la priorité ! Du coup, par provocation peut-être, j’a affiché mon prénom sur le pare-brise et customisé mon camion avec un visage de femme peint, taille  XXL ! » 

Car ce n’est pas parce qu’elles font ce métier que les femmes chauffeurs de poids lourds renoncent à leur féminité, loin de là. « Pour mon compagnon, je ne suis pas une conjointe banale », rigole Gaëlle, 31 ans. « J’arrive le soir à la maison avec mes chaussures de sécurité, mon bleu de travail, mon tee-shirt avec le logo de la boîte… Je fais du transport de matières dangereuses… Je ne passe pas inaperçue, c’est sûr ! Mais une fois à la maison, je me métamorphose, je remets mes vêtements de nana, je change les couches du bébé et je me remets aux fourneaux… la cuisine, c’est mon autre passion ! ». 

cabine_conducteurPour postuler, il faut être titulaire du permis C ou EC. Dans l’idéal, un CAP ou un bac pro de conducteur routier sont appréciés par les recruteurs. Sinon, les écoles de conduite et les centres de formation proposent aussi un cursus de base, appelé FIMO. L’AFPA propose aussi une formation continue. Enfin, pour le transport d’animaux, de produits toxiques, pétroliers ou pour du frigorifique, des spécialisations existent. Hors prime, en début de carrière, un chauffeur gagne en moyenne 1500 euros brut. Et jusqu’à 3000 euros en milieu de carrière. A priori, les femmes gagnent aussi bien que les hommes… C’est suffisamment rare pour être signalé !

 

Voir aussi : L’étude riche en témoignages d’Anne-Catherine Rodrigues, « Des femmes conductrices de poids-lourds : parcours de vie »

 

Pour les formations : AFT-IFTIMAFPA

 
 

5 réflexions au sujet de « Peut-on être chauffeur poids lourd… et femme à la fois ? »

  1. Caméra

    Ma passion est de conduire des spl la nuit , je suis très solitaire . Et ce métier me plait pour cette raison! les convois de l’extrème j’en reve . Mais dans la région paca seulement !

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  2. RAS Malala

    Bonjour,
    Dans le cadre de mon master 1 en psychologie du travail et des organisations, je concentre mon sujet d’étude sur les femmes conductrices de poids lourds.
    J’aimerai donc prendre contact avec des femmes travaillant dans le domaine du transport.
    Merci bien.
    Cordialement,

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  3. frivollet

    Francoise Frivollet Brassat bien sur j ai été chauffeur routier international et national ,c est deux chose différente au volent de ton camion tu est routier a 100%100% et quand tu rentre chez toi tu redevient féminine
    ps je suis fille de routier et c est une passion qui se transmet chez nous met deux garçon sont aussi routier

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  4. FANNYGS88

    Pas du tout du milieu du transport j ai changé s orientation professionnelle à 40 ans après 20 ans dans le.recrutement. Pas un proche non plus dans ce milieu. Après de L international pendant trois ans j ai décidé de poser mes valises tous les jours dans mon chez moi. Je roule de nuit de 17h30 à 2h et ça me va bien. J ai toujours aimé rouler. Après du bivouac solitaire dans les pays limitrophes en moto et seule ce fut une évidence. Quelques fois il m’est arrivé que chez des clients on ne me prenne pas au sérieux en me demandant où était mon mari dans la cabine . Alors mesdames quel que soit votre âge n hésitez pas. Bonne route. Fanny

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    1. frivollet

      c est vrai sa met arrive en Bretagne le responsable ma dit que je n avais rien a faire au volent d un camion que les femmes c étais derrière les fourneau et a torché les fesses des mômes, vu que mon dernier avait 18 ans je ne me voie pas luis torché les fesses ?mon patron a remis les choses a sa place et sa été fini
      voila bonne journée

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