3 idées reçues sur les métiers du transport : changez votre regard !

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  1. « C’est pas pour les femmes »

« Wahou comment tu fais pour conduire un engin pareil ? » « Dis donc toi au volant d’un camion, ils sont où ton marcel et tes tatouages ? T’es une femme qui aime les femmes c’est obligé, avec ce genre de métier » « La logistique c’est un monde de mecs, c’est pas fait pour es nanas » « Tu trouveras jamais de travail dans les poids lourds, ma pauvre, les patrons du transport ils n’embauchent que des gars »…. Voici quelques uns des témoignages que nous avons recueillis, ces dernières années sur le blog, de la part de femmes chauffeurs poids-lourds, ambulancières, chauffeurs de taxi ou de VTC, conductrices de bus, de métros, de trains ou de tramways….

Des témoignages qui prouvent à quel point les idées reçues ont encore la vie dure dans les métiers du transport et de la logistique, alors que la réalité est clairement différente. La plupart des femmes que nous avons rencontrées sont féminines, épanouies dans leur métier comme dans leur vie de mère de famille, en bons termes avec leurs collègues, et appréciées par leurs patrons. (lire aussi notre article  ou encore le portrait de Charlène, 23 ans et chauffeur poids lourd).

 

« Autant autrefois, quand il n’y avait pas encore la direction assistée, c’était clairement un métier d’hommes pour des raisons de pénibilité et de difficulté à manier des véhicules qui pèsent plusieurs tonnes, autant aujourd’hui avec la direction assistée la conduite d’autocars ou de camions nécessite surtout de l’adresse, et à ce jeu là les femmes sont même souvent meilleures que les hommes », explique le patron d’une entreprise de transports dans le Pas de Calais, qui recrute essentiellement des femmes depuis 3 ans. « Elles sont aussi plus respectueuses du code de la route, des limitations de vitesses, moins tentées par un verre de plus au dîner et plus à cheval sur les horaires ! Aujourd’hui, clairement, les recruteurs ne voient aucun frein à embaucher des femmes dans le transport et ils sont même plutôt à l’affut de candidates au recrutement ». Aujourd’hui, on recense environ 8000 conductrices dans le transport routier de marchandises, près de 40 000 dans le transport de voyageurs, et elles occupent 40% des postes en logistique. 13 000 postes sont encore à pourvoir en France, qu’elles se le disent !

 

  1. « Les métiers du transport et de la logistique sont désastreux pour la santé »

Ce n’est plus vrai ! Ce sont aujourd’hui les métiers parmi les plus sécurisés et encadrés en matière de santé. Avec l’automatisation des véhicules et des machines, la robotisation des tâches les plus pénibles et l’informatisation des supply chain, les métiers du transport et de la logistique offrent désormais essentiellement des emplois classés comme peu ou pas pénibles. « Aujourd’hui, les salariés du transport et de la logistique ont tout un panel de droits et de prérogatives pour préserver, entretenir et améliorer leur santé dans le cadre de leur travail », explique la Carcept Prev, assureur spécialisé. « Cela va du compte personnel de prévoyance aux actions de prévention organisées en entreprises et même sur la route, en camions itinérants, pour sensibiliser les chauffeurs sur leur parcours même. C’est vrai que ce sont des branches professionnelles où les risques de troubles musculo squelettiques, par exemple, restent plus élevés que dans nombre de secteurs du tertiaire, mais ils sont aujourd’hui mieux connus, mieux expliqués, mieux anticipés. Résultat, les salariés sont à la fois mieux informés, donc ils se protègent mieux, et mieux soignés quand c’est nécessaire ».

 

  1. « S’il y a pénurie de main d’œuvre, c’est parce que c’est mal payé »

En réalité, l’éventail des salaires est extrêmement varié dans le secteur des transports en France. Les salariés se divisent d’abord en deux grandes catégories : le transport routier de marchandises (TRM) et le transport de voyageurs. Dans tous les cas cependant, c’est la convention collective du transport routier qui régit leurs conditions de travail. « Au niveau des salaires, les études statistiques les plus récentes montrent que le salaire moyen d’un chauffeur routier tourne autour des 2600 euros brut par mois, tout compris », explique l’Observatoire des Rémunérations et Avantages Sociaux (ORAS). « Mais il est à nuancer : l’ancienneté professionnelle d’un chauffeur, le nombre de permis qu’ils possèdent, ou encore le nombre de kilomètres et d’heures qu’il va passer sur la route, dans l’hexagone et à l’international, les heures supplémentaires etc… sont autant de critères qui vont moduler la rémunération, parfois en l’augmentant d’un quart, d’un tiers, voire davantage. Certains routiers ne dorment pratiquement pas chez eux, et perçoivent aussi des indemnités pour compenser ce mode de vie, indemnités qui représentent parfois une part importante de leur rémunération finale ».

 

Selon la convention collective, les salaires moyens observés sont les suivants, pour un chauffeur poids lourd : 20 931€ net annuel soit 1744,25€ net mensuel pour un groupe 3B coeff 118M véhicule de moins de 3,5 tonnes ; même chose pour le groupe 4 coeff 120 M véhicule de 3,5 à 11 tonnes ; 20 995 € net annuel soit 1750 € net mensuel pour un groupe 5 coeff 128 M véhicule de 11 à 19 tonnes ; 21 038 € net annuel soit 1753 € net mensuel pour le groupe 6 coeff 138 M véhicule de plus de 19 tonnes ; et 21 552 € net annuel soit 1796 € net mensuel pour le groupe 7 coeff 150 M pour un chauffeur dit « hautement qualifié » et un véhicule de plus de 19 tonnes. L’ancienneté permet de gagner 2% de plus au bout de 2 ans, 4% au bout de 5 ans, 6% au bout de 10 ans, 8% au bout de 15 ans ; les heures supplémentaires sont majorées (+50%) tout comme les heures de nuit (+20%) et les heures dominicales et fériées majorées à 10,07€ l’heure pour moins de 3 heures et à 23,42€ l’heure au-delà. (Source : le blog des gestionnaires de paie et des experts RH).

 

 

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