Accord-climat : ce que la COP 21 va changer pour le transport et la logistique


Temps de lecture : 5 minutes

1C’est un accord historique : 195 nations de la planète Terre viennent de signer un texte commun, dans lequel elles s’engagent à agir, toutes et de concert, pour limiter le réchauffement climatique de la planète. Au cœur de cette nouvelle charte commune pour l’environnement : la limitation des gaz à effet de serre. Même les plus circonspects, ceux qui, à l’instar de Nicolas Hulot et de quelques associations, auraient souhaité des engagements plus forts et plus nombreux, s’accordent tout de même à dire que la COP 21 aura marqué un immense tournant dans la conception de l’écologie, avec, pour la première fois de l’histoire du monde, une approche globale et coordonnée du péril climatique… et une volonté universelle d’aller vers un monde sans carbone.

 

4Bien évidemment, un monde sans carbone… cela signifie des bouleversements majeurs, pour les transports. Désormais, le sens de l’histoire, c’est le carburant vert, la fin du diesel et du gazole. Ce n’est certes pas pour tout de suite, mais ce sera, à terme, et si chacun tient ses promesses, inévitable. Ce qui signifie de nouveaux véhicules, de nouveaux fonctionnements, une nouvelle économie, de nouveaux postes budgétaires, de nouvelles taxes, de nouveaux axes de circulation, de nouveaux droits et de nouveaux devoirs… Bref, pour les professionnels du transport et de la logistique, une manière de fonctionner radicalement différente, de A à Z.

 

2Et les constructeurs l’ont bien compris : alors que la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, vient de lancer un appel pour une voiture électrique à moins de 7000 euros, Renault s’est engagé à aligner ses émissions de CO² sur les recommandations des scientifiques de la COP 21 pour limiter à moins de 2 degrés la hausse du mercure dans le thermomètre du réchauffement climatique, tout comme, d’ailleurs, 114 autres entreprises. Toyota, enfin, a choisi d’aller encore plus loin dans les bonnes résolutions, en annonçant sa décision de renoncer complètement et définitivement aux énergies fossiles d’ici 2050. Des choix, des options, des réflexions qui, lorsqu’ils devront se matérialiser concrètement, changeront là encore la donne : des géants du transport qui renoncent au pétrole pour privilégier d’autres combustibles moins polluants, ou des solutions hybrides, ou encore l’électrique, cela provoquera inévitablement, si ce n’est un choc pétrolier ou une crise boursière, à tout le moins un retournement du marché et donc, des prix, qui auront obligatoirement un impact – positif ou négatif, nul ne peut encore le prédire – sur les acteurs du transport et de la logistique.

 

3François Hollande et Laurent Fabius se sont aussi engagés, au Bourget, lors de ce sommet mondial de la COP 21, à favoriser la recherche et le développement des nouvelles énergies. Qui sait si, demain, les camions ne seront pas équipés de panneaux solaires leur permettant de se recharger en roulant ? Qui sait si, le transporteur choisissant le tout électrique, ne se verra pas totalement exempté d’impôts ou de certaines taxes pendant plusieurs années ? Tandis que, à l’inverse, celui qui continuera à rouler au gazole, sera bombardé de pénalités fiscales à tout crin ? Une chose est sûre : les courageux qui se lanceront dans le transport à l’énergie renouvelable, ou qui investiront dans des bâtiments logistiques HQE (Haute Qualité Environnementale), ou qui trouveront de nouveaux partenariats ou de nouvelles solutions pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, ceux là ne seront plus considérés comme des babas cool à côté de la plaque, mais bien plutôt comme des visionnaires. Et ils seront aidés, et applaudis, quand ils étaient autrefois regardés de travers. Il faudra penser formation du personnel, sensibilisation dans les établissements scolaires et les filières de l’apprentissage dans les métiers du transport et de la logistique. Là aussi, une petite révolution semble bien avoir eu lieu en cette fin d’année 2015.

 

5De même, les transports en commun risquent de se développer encore plus vite que prévu, avec des budgets revus à la hausse, des lignes renouvelées, étoffées, étendues, et à la clé, des centaines, peut-être des milliers d’emplois en France dans ces secteurs. Les villes auront, plus que jamais, besoin de chauffeurs de bus, de conducteurs de tramways, de métros, de gestionnaires de lignes, etc. Le crédit carbone sera généralisé, et les entreprises qui émettent plus que les autres, celles du transport notamment, pourront racheter leurs émissions par des crédits carbone gagnés en finançant des plantations de forêts, des projets développement durable, des constructions vertes… Une nouveau regard, de nouvelles manières de penser, transversales et collectives, seront nécessaires, pour que les secteurs pollueurs puissent tirer leur épingle du jeu, et contribuer, à leur manière, au respect des engagements écologiques de la France. Il ne sera plus possible de diriger une entreprise, qu’elle soit spécialisée dans les transports, dans la logistique ou autre chose, sans « stratégie climatique », comme la définit Thierry Fornas, président de la société Ecoact, spécialisée dans l’accompagnement des industriels pour s’adapter aux évolutions sociétales liées à la prise de conscience du réchauffement climatique.

 

7Enfin, de plus en plus, il va devenir pénalisant de faire venir des marchandises de loin, ou d’en envoyer très loin. Les Etats, s’ils veulent respecter leur signature, devront mettre en œuvre des mesures destinées à privilégier le local et à sanctionner les émissions carbones. Les kilomètres de kérosène, de fioul, d’essence, vont coûter de plus en plus cher à ceux qui les auront générés, et il va à l’inverse devenir chaque jour un peu plus rentable de favoriser les circuits courts. Là aussi, il y aura forcément des répercussions sur le monde du transport et de la logistique. Cela ne signifie pas que les entreprises du secteur seront en danger, mais il leur faudra s’adapter, repenser leur mode d’extension d’activité, regarder peut-être davantage autour d’elles, auprès d’elles, pour nouer de nouvelles relations commerciales avec des producteurs voisins, de biens de consommation courante comme de services à la personne. Les échanges, les flux, vont sûrement se raccourcir en terme de durée du transport, mais se multiplier en terme de micro flux. Les transporteurs livreront ou chargeront plus près de chez eux, mais plus souvent, et leurs clients vont se multiplier sur leur propre zone géographique, à mesure que le coût du CO2 augmentera. Voilà un changement radical qui peut ouvrir de larges perspectives pour l’emploi… à condition d’être bien négocié. Il va falloir ouvrir l’œil, et l’esprit.

 

 

2 réflexions au sujet de « Accord-climat : ce que la COP 21 va changer pour le transport et la logistique »

  1. allongé

    encourager le entreprises de transports qui investisse dans les nouvelles technologies et dénoncer les transporteur et entreprises qui pour payer moins cher ,paye mal leurs chauffeurs et ont des camion de plus de 15 ans au norme dépassé euro 1 2 ou 3 qui pollues et qui ne veulent pas investir, leur but étant de faire du fric au détriment de la sécurité et du respect de l’environnement attention au magasin qui vendent moins chers et qui ce vente d’être les meilleurs cela est au détriment de la qualité de service et d’environnement ,la pollution va nous rendre fragile.

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  2. Bruno

    Le tout électrique pour les transports publics ! Je pense que nous aurons du mal a trouver un accord avec les transporteurs de marchandises avant un grand bouleversement des modes de consommation. Le fret est encore mal maitrisé en France, car tout passe d’abord par la route et les grosses locomotives Sncf roulent au Diesel !!

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