Catastrophes climatiques et inondations : la galère des transporteurs

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inondationsLa pluie et les inondations telles qu’il s’en est produit dans l’Hérault ces jours-ci, ont des répercussions dramatiques pour les habitants, bien sûr, et c’est avant tout sur leurs problèmes à eux que se penchent les médias, dans ces cas là. Ce dont on parle beaucoup moins, c’est des conséquences de ces événements climatiques violents sur le transport routier. Et pourtant : elles sont importantes et parfois graves, surtout pour les PME qui en subissent les conséquences. Les trains régionaux et nationaux sont eux aussi fortement impactés. Sans parler des bus de transport scolaire, urbain et périurbain.

 

transportAinsi, cette semaine, à Montpellier, Béziers, Palavas-les-Flots et toute la région de l’Hérault, tous les types de transports ont connu une paralysie quasi générale. Voies ferrées et axes routiers recouverts d’eau, accès aux aéroports bloqués… 80% des bus ont cessé de circuler, tout comme les TGV entre Bordeaux et Marseille. Une trentaine de routes inondées ont été coupées à la circulation, entraînant les automobilistes et les camions dans d’inextricables bouchons. Dans les gymnases et autres lieux publics d’accueil d’urgence, des centaines de personnes « naufragées de la route », qui ont abandonné leur véhicule au milieu des flots. Un cauchemar, pour tout le monde.

 

voitureLe Gard, l’Aube et les Pyrénées Orientales sont dans le même cas de figure. A chaque fois, dans les régions touchées par des inondations majeures, la remise en route du trafic est extrêmement longue, et compliquée. D’un point de vue économique, pour le transport de marchandises, les retombées négatives sont souvent dramatiques : en théorie pourtant, la police française d’assurance des marchandises transportées par voie de terre  prévoit deux modes principaux d’assurance des marchandises : une garantie tous risques qui couvre les dommages et pertes matériels, ainsi que les pertes de poids ou de quantité et, sous certaines conditions, les disparitions et les vols ; et une assurance accidents caractérisés qui garantit les dommages et pertes matériels, ainsi que les pertes de poids ou de quantité par les marchandises assurées par suite de la réalisation d’événement limitativement énumérés dans le texte de la police (heurt, collision du véhicule de transport, déraillement, incendie, éboulement, inondation, tremblement de terre, etc.).

 

circulationEn réalité, dans les faits, c’est souvent un long parcours du combattant qui s’engage pour les professionnels victimes d’incidents climatiques majeurs. D’abord, lorsque les poids-lourds ont été directement impactés par l’eau, la boue, les chutes d’objets, ou lorsque les chauffeurs ont du tout abandonner pour se mettre à l’abri, les dégâts matériels ne sont pas forcément bien pris en charge par les assurances. Les transporteurs impliqués sont contraints de se lancer dans de longues procédures de dédommagement : il faut prouver le préjudice subit, ce qui n’est pas forcément évident, et la plupart du temps, c’est à qui se renverra le mieux la balle entre l’assurance du chargeur, celle du transporteur ou celle du client… surtout, si la catastrophe naturelle n’est pas reconnue, il y a peu de chance pour que les démarches aboutissent. Et quand elle est reconnue, les délais sont longs, car il faut le temps de boucler toutes les expertises, et les sommes perçues au final sont souvent très en deçà des pertes réelles.

 

intemperiesEnsuite, parce qu’au-delà des préjudices directs et immédiats, les entreprises subissent aussi les conséquences indirectes des intempéries : innombrables retards engendrés par des itinéraires rendus impraticables et les restrictions imposées par les pouvoirs publics, stocks abîmés, entrepôts inondés, fournisseurs ou sous-traitants eux même victimes des événements, ou encore, annulations de commandes par des clients qui ont tout perdu. Que ce soit par la route ou par les trains de marchandises, la plupart du temps, les livraisons de marchandises tournent au casse-tête. « J’ai du carrément jeter mes produits, incapable de les acheminer en véhicule frigorifique. », témoigne un transporteur spécialisé dans les produits du froid, les larmes aux yeux. « Des denrées rares, une demande forte… la hausse des prix sera une autre conséquence inévitable des intempéries : 5 à 10 % pour la viande… jusqu’à 50% pour certains fruits et légumes ».

 

riviere« Les changements climatiques conduisent à une intensification de ces phénomènes naturels comme les pluies, la sécheresse, le froid, la chaleur ou encore la neige », analyse Ghislain Dubois, chercheur et fondateur de l’Association pour l’Innovation et la recherche au Service du Climat. « Les États ne peuvent pas continuer à l’ignorer et à faire comme si de rien n’était. Ils doivent désormais prendre des mesures pour apprivoiser ces changements et épargner au maximum les acteurs de l’économie, que ce soit au niveau de l’aménagement du territoire, avec une réinvention du système routier, des transports et des constructions d’habitats et d’infrastructures, mais également au niveau des lieux de vie et d’activité dans les zones à risque avec des normes de construction repensées ». Le prochain grand sommet sur le climat de Paris pourrait prendre en compte la nécessité de l’adaptation et de l’aménagement du territoire, au regard de ces conditions climatiques dramatiques et malheureusement, de plus en plus fréquentes.

 
 

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