Emploi : le secteur du transport aérien promet une recrudescence des embauches

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Alors que les représentants du personnel d’Air France hésitent à se lancer dans de nouvelles grèves pour l’augmentation de leurs salaires, le rapport 2018 de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), qui vient d’être publié, promet de très beaux jours à l’emploi et aux embauches dans le domaine du transport par avion : et déjà, le décollage se fait sentir, avec des passagers en hausse de près de 8% au mois de juin 2018, aussi bien du côté des particuliers que des voyages d’affaires, et aussi bien à l’international qu’en interne dans les airs français (transport aérien domestique). Et par rapport aux chiffres de l’année 2017, cette année marque déjà une augmentation du taux de croissance de plus de 6% pour les transporteurs européens.

 

Mieux, dans les 20 années qui viennent, l’organisme estime que le trafic aérien va doubler, pour atteindre le chiffre record de 8 milliards de voyageurs annuels : « si le trafic double, l’emploi dans le secteur du transport aérien augmentera aussi considérablement, c’est mécanique et il sera impossible de faire autrement, car l’ère des avions tout automatisés, sans pilotes ni personnel de bord, est encore loin d’être arrivée ! », explique la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile). « Les grèves récurrentes des personnels de quelques compagnies plutôt bien médiatisées laissent à croire que l’emploi va mal dans le transport aérien, or si vous regardez la situation globale, ça n’est pas le cas. L’accélération de la mondialisation et des échanges, aussi bien des personnes que des biens, la nécessité de se déplacer de plus en plus loin et de plus en plus vite dans quasiment tous les secteurs de la vie économique, pour pouvoir faire face à cette demande croissante de rapidité et d’efficacité au niveau de la sphère mondiale des affaires, font que l’aérien représente celui de tous les transports qui se développera le plus et le plus rapidement dans les années qui viennent, et où l’on embauchera quasiment sans discontinuer d’ici au moins les années 2040 pour pouvoir suivre les besoins des passagers. Le taux de remplissage des avions est déjà de près de 90% ! Il faudra donc forcément augmenter les flottes et donc les effectifs des compagnies si elles veulent profiter de cet essor ».

 

Si le secteur du transport aérien connaît déjà une pénurie de pilotes, ce ne sont pas les seuls postes qui vont rester en tension dans les années qui viennent : personnel au sol comme navigants verront augmenter les offres d’emplois de manière importante dans leurs spécialités. Selon le cabinet Circle Research, qui fédère des cadres des ressources humaines du monde entier, et auprès desquels l’Association Internationale du Transport Aérien a mené plusieurs sondages en matière d’emploi dans cette branche d’activité, « recruter les personnels compétents en nombre suffisant dans le transport aérien ces prochaines années relève même du défi, tant les besoins seront significatifs : les services d’escales, les services à la clientèle, les services en cabine vont augmenter de plus de 70% ; les personnels formés en matière de sécurité des passagers seront aussi demandés de plus en plus, avec une recrudescence des besoins estimée à près de 60% ; tout comme les besoins de pourvoir des postes liés à la réglementation du trafic aérien, sont estimés en croissance de 60% au moins dans les prochaines années. Enfin, les professionnels du secteur redoutent une pénurie des emplois de pilotes et de techniciens de maintenance, et tentent dès maintenant d’y remédier en embauchant dès que possible ».

 

L’un des enjeux majeurs du secteur dans les années et même les mois qui viennent, c’est aussi la formation : un recruteur sur deux estime aujourd’hui dans l’aérien qu’il est difficile de recruter des personnels au niveau de compétences requis, et seulement 3 sur 10 pensent que les formations actuelles sont satisfaisantes : la plupart proposent d’ailleurs déjà aujourd’hui des formations qualifiantes en interne, ou en passant par des prestataires de service. Le nombre de formateurs dans l’aérien est donc lui aussi appelé à une croissance très importante dans les années qui viennent, et les postes à pourvoir seront nombreux pour les anciens pilotes ou les personnels expérimentés désireux de se reconvertir dans l’enseignement et la formation. Autre information non négligeable : selon les sondages réalisés auprès des patrons de compagnies et de leurs directeurs des ressources humaines, la moitié d’entre eux au moins déclare qu’une juste rémunération salariale, que l’avancement dans l’entreprise, et que les conditions de travail des salariés, sont devenus leurs préoccupations numéro 1, pour éviter la fuite des compétences et fidéliser leurs employés.

 

 

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