La guerre des taxis

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taxiIls n’ont peut-être pas encore gagné la bataille, ils viennent en tout cas de remporter une manche dans le conflit qui les oppose aux véhicules de tourisme avec chauffeurs : à force de mettre la pression au gouvernement, le lobbying des taxis a payé. Toute une série de textes vient d’être publiée au Journal Officiel cette semaine, pour mieux encadrer et réglementer l’activité des véhicules de tourisme avec chauffeur.

 

La différence ? Elle n’est pas forcément lisible pour le grand public. Il s’agit, dans les deux cas, de transport rémunéré de personne à bord d’un véhicule commercial. Mais les taxis peuvent être hélés dans la rue, n’importe où et n’importe quand. Les voitures avec chauffeur ne peuvent travailler que sur réservation. Les taxis payent une licence, très chère, et des frais d’assurance très élevés. Les VTC, eux, ne payent pas de licence et s’assurent comme tout un chacun, parfois même simplement au tiers.

 

Résultat : les taxis ont la nette impression que taxisles véhicules avec chauffeurs leurs piquent le pain de la bouche. En fait, c’est l’usage du Smartphone qui a bouleversé la donne : les véhicules avec chauffeur ont toujours existé, mais jusqu’à il y a peu, un an ou deux peut-être, c’était un moyen de transport assez confidentiel et plutôt réservé aux élites. Mais avec l’apparition des applications pour Smartphones, des sociétés comme Uber, ou encore Snapcar, ont fait leur apparition. Leur principe : une simple application, qui vous indique en trois secondes si un véhicule est près de vous et le délai dans lequel il peut passer vous chercher. Vous cliquez, vous réservez, vous montez, et la course vous coûte à peine plus cher qu’avec un taxi, sauf que vous circulez en berline de luxe, avec boissons à disposition, climatisation assurée, et la musique de votre Iphone diffusée à volonté dans l’habitacle via Bluetooth.

 

panneau taxisLe succès a été fulgurant, et le véhicule de tourisme avec chauffeur s’est démocratisé à vitesse grand V. Aujourd’hui, tout un chacun l’utilise, et les taxis boudent. « Cela fait trente ans que je suis chauffeur de taxi », vitupère Marc Ghis, taxi indépendant dans le Val de Marne. « Depuis quelques années, on sature, on en a ras le bol : il y a eu les voitures taxi au black, puis les motos taxis, les estafettes, et maintenant les VTC. Le prétexte ? Il paraît qu’il n’y a pas assez de taxis en circulation par rapport à la demande des clients. Mais c’est faux ! Cela concerne peut être deux trois heures de pointe dans la journée, le reste du temps on n’a pas assez de clients ! »

 

A un an et demi de la retraite, Marc Ghis fulmine contre ses anciens collègues, partis avec leur voiture de travail se faire recruter dans des sociétés comme Snapcar ou Uber. « Forcément, ils se sont frotté les mains : eux, on ne les contrôle pas, ils économisent sur les assurances et sur la licence, c’est tout bénef ! ».

 

Rien à voir, selon les dirigeants de Snapcar, David Ashton et Yves Weisselberger.taxi en greve « Les taxis râlent contre la moindre forme de concurrence, évidemment. Jusqu’à présent ils avaient le monopole, ils avaient un client qui leur tombait tout cuit dans le bec à chaque tournant. Voitures sales, chauffeurs débraillés, le foot qui hurle à fond dans les enceintes, le parcours rallongés pour faire de l’argent, ils faisaient ce qu’ils voulaient puisqu’ils étaient les rois du monde. Aujourd’hui, le secteur se libéralise, alors forcément ça les oblige à faire des efforts et ça, ça ne leur plaît pas du tout ! C’est dommage que les gouvernements fassent sans arrêt un pas en avant, un pas en arrière. On a déréglementé un peu la législation sur les taxis pour satisfaire la demande des clients, parce qu’il y avait pénurie de l’offre. Du coup, des gens comme nous ont monté des sociétés qui cartonnent. Il suffit que les taxis poussent un petit coup de gueule et on fait demi-tour. Alors que nous créons de l’emploi, et que nous satisfaisons la demande. »

 

Ce qui fait hurler les sociétés de VTC, parmi les mesures envisagées ? L’obligation de respecter un délai de 15 minutes entre la réservation du véhicule et le chargement du client. « C’est comme si vous commandiez une pizza, le livreur arrive chez vous deux minutes plus tard, mais il est obligé d’attendre encore 13 minutes pour vous la livrer ! La pizza est froide, et on nage en pleine absurdité. Et bien pour nous c’est pareil : c’est notre réactivité et notre maillage territorial qui fait notre succès, si on nous interdit d’être ponctuels et d’arriver vite, on nous crucifie ! » s’indigne Yves Weisselberger, qui a publié une lettre ouverte sur le site Terrafemina.

 

Tout n’est pas encore plié, mais des deux côtés la colère gronde. Avec, au milieu, un client pris en sandwich entre deux corporatismes, et qui n’a plus vraiment le choix de décider librement de son mode de transport. « Moi, je ne supportais plus les chauffeurs de taxis », explique un habitué des voitures avec chauffeur. « Entre ceux qui vocifèrent des insultes à longueur de temps, ceux dont le véhicule est noir de crasse, ceux qui écoutent les matches à fond la caisse et ceux qui vident leur sac, sur le monde, la France et la politique réunis pour leur faire des misères, ça me rend fou. J’ai donc basculé vers le système des VTC. Mais aujourd’hui, on me dit que je vais peut-être devoir  poireauter un quart d’heure pour voir arriver mon véhicule. On est une fois de plus pris en otages. Il paraît que le client est roi… par pour les taxis, en tout cas ! »

 

3 réflexions au sujet de « La guerre des taxis »

  1. kriegel

    Bonjour .
    Je suis indigné contre ces taxis néfastes pour la clientèle !
    Ce ne sont pas les rois du pétrole ! Et pourtant.
    J’ai moi-même été menacé de mort par l’un d’eux car il ne voulait pas comprendre que en tant que patron d’une société de service à la personne je pouvais transporter sous certaines conditions mes clients qui prenaient d’autres prestations chez moi. Cela a été en justice. Ce sont de sombres abrutis !!
    Les voitures sont parfois vielles, puent, avec chien, d’une amabilité qui ferait frissonner un ours ! Et de plus jamais à l heure ! Alors assez !!!!!
    Que le gouvernement leurs supprime les licences et que il permete aux privés de travailler en respectant la clientèle avec des chauffeurs et des véhicules corrects.
    Comme dit dans l article, de plus ce sont des voleurs. Dans les grandes villes ils rallongent considérablement le trajet. C’est malheureusement une pratique courante. Sans parler de l’accueil aux étrangers. Pas de langue étrangères parlée.

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  2. couhault

    Vive la liberté !
    Chauffeur de taxi station de campagne, c’est la bagarre totale avec les taxis de la ville où je réside, et même à Orly/Roissy.
    Alors libéralisons la profession, plus du tout de monopole selon la loi européenne !
    C’est malgré tout le b… organisé.
    A bon entendeur…

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  3. Mkaid

    J’ai travaillé 3 ans en tant que taxis parisien sous contrat de location avec un accord banquaire, j’ai voulu acheter ma plaque et la surprise en 2 ans nous somme passé de 180 a 250 000 euros pour une profession qui se plait toujours c’est pas mal. Et j’ai oublié le plus fort : un bilan à 12 000 euros annuel, certains taxis touchent la prime à l’emploi et tout ça avec l’accord de la préfecture de police de Paris alors après tout ça merci et je souhaite la disparition de cette profession de voleurs.

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