Législatives – Transports : ce que peut (vraiment) faire votre député

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Dimanche 18 juin 2017, les électeurs ont voté pour le second tour des élections législatives et élu leur nouveau député pour une durée de 5 ans. Pendant toute la campagne, comme pendant chaque campagne électorale de manière générale, vous avez peut-être vu vos candidats sur les marchés, dans la rue, en réunion publique ou en séance de tractage. Et tous, ils ont promis beaucoup, notamment en matière de transports, sachant pertinemment que ces derniers (infrastructures, horaires, coût, dessertes, qualité de service…) représentent une problématique cruciale du quotidien de chaque électeur. Une problématique qui les réunit, ces électeurs, quel que soit par ailleurs leur statut social, leur âge, leur sexe ou leur profession. D’où l’importance pour les candidats de jouer sur cette thématique, par essence fédératrice.

 

Localement donc, les candidats promettent souvent beaucoup pour leur circonscription : la construction d’une route, sa rénovation, la mise en place d’une ligne de tramway ou de métro, la création de parkings, de zones logistiques périurbaines, la création de centres de formations, la mise en place de mesures favorisant l’apprentissage ou allégeant les charges ou la fiscalité des entreprises… etc. Néanmoins, il leur arrive régulièrement de promettre davantage que ce qu’ils peuvent réellement faire. Pour autant, ils ont des pouvoirs locaux et ils peuvent agir au niveau de leur circonscription.

 

« Il y a effectivement parfois un décalage entre les pouvoirs effectifs d’un député à l’échelon local, et les attentes des administrés. Parfois cela ne colle pas, non pas parce que le député a fait des promesses qu’il ne peut pas tenir, mais aussi parce que les électeurs misent beaucoup sur le pouvoir de leurs élus, ils pensent spontanément à demander de l’aide sur tel ou tel problème à leur maire et, juste après, si cela n’a rien donné avec la mairie, à leur député », analyse une ex députée de Seine-Saint-Denis. « Les électeurs pensent spontanément, et à raison, que leur député est celui qui fait et défait les lois, qu’il côtoie de près les membres du gouvernement, et que par conséquent, il a forcément la solution pour remédier à tel ou tel problème. Les transports sont l’une des préoccupations de base, et une priorité quasi absolue, des électeurs, dans leur vie au jour le jour et par conséquent au moment d’aller glisser leur bulletin dans l’urne au moment d’élire leur représentant au palais Bourbon. Soyons francs : le député n’a pas de recette miracle ni de baguette magique à la David Coperfield, il ne peut pas tout faire, mais il peut parfois aider ».

 

D’abord, on l’a dit plus haut, le député vote les lois. Et lorsqu’il vote les lois, il les vote dans une perspective nationale mais aussi, forcément, locale. « Si on vote de mauvaises lois, on sait qu’on peut en subir directement les conséquences à l’échelle de notre circonscription. En revanche, on votera plus volontiers une loi dont on sait qu’elle répond à une vraie problématique locale, départementale ou régionale dans la zone territoriale que l’on représente », analyse la même députée. « Un exemple : la loi Macron sur la libéralisation du transport par autobus, ou encore avant cela, il y a eu la loi Borloo qui a permis de procéder à de gros chantiers de rénovation urbaine dans les circonscriptions, et donc, d’agir sur les infrastructures de transport ou les plateformes logistiques ou multimodales locales ».

 

Pour l’instant, mais cela pourrait être remise en cause dans le cadre de la loi de moralisation de la vie publique pour éviter les conflits d’intérêt, les députés ont aussi la possibilité de contribuer au versement d’indemnités aux associations ou aux collectivités, via ce que l’on appelle la « réserve parlementaire ». Soit plusieurs dizaines de milliers d’euros  chaque année, que le député pourra utiliser pour soutenir des projets : jusqu’à une centaine par an. Cela peut aller de la rénovation d’une école à la mise en place d’un nouveau service dans un hôpital, en passant par les infrastructures de transport, les routes, et leurs usagers.

 

Si le député peut être utile, au final, c’est essentiellement comme porte-voix, comme influenceur pour soutenir des démarches citoyennes, associatives, ou les pouvoirs locaux, dans leurs objectifs d’amélioration des services de transports publics, mais aussi dans le développement de transports solidaires, par exemple, ou dans la création d’une zone d’activité dédiée tout ou partie à la logistique. Le mandat du député lui confère une carte de visite prompte à ouvrir des portes, à connaître les bons interlocuteurs, à étoffer les réseaux utiles dans l’avancée des projets. En Saône et Loire, le député socialiste Christophe Siruge a ainsi pu aider au déblocage d’un dossier épineux autour de l’autoroute et des associations écologistes ; le député joue aussi un rôle important dans des dossiers comme l’aéroport de Notre Dame des Landes, en Loire Atlantique : le directeur des routes, le ministre des transports, sont plus faciles à joindre quand c’est un ou une députée qui appelle, que si c’est un simple directeur d’association par exemple. Morale de l’histoire : votre député n’est pas tout puissant, mais il a un vrai pouvoir pour faire avancer des dossiers locaux.

 

 

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