Les chiffres du transport 2019 : emploi, économie, développement, pour tout savoir c’est ici !

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Le Commissariat Général au développement durable vient de publier les derniers chiffres clés du transport en 2019 : voici ce qu’il faut en retenir si vous êtes employé ou employeur dans ce secteur.

 

Ce que coûtent les transports en France.

Les calculs effectués se basent sur l’ensemble des transports en France, saufs ceux liés au courrier (donc la Poste). Globalement, le secteur représente une dépense de 402 milliards d’euros au total, soit un peu moins de 18 % du PIB. C’est la route qui représente la majorité de ces dépenses (plus de 70% du total), tandis que le train consomme moins de 10% du budget (à peine 7% pour être exact), tout comme les transports collectifs de voyageurs et le transport aérien, qui se situent au même pourcentage (donc 7%). Restent plus ou moins 8% pour le transport fluvial et maritime. Enfin, selon le Mémento de Statistiques des Transports, paru en novembre 2018, et selon le Rapport sur les Comptes des Transports publié en août dernier, « c’est l’impôt des ménages et le paiement des titres de transports collectifs qui payent ces dépenses pour au moins 50% du budget total si ce n’est plus ».

 

Les données les plus récentes sur les équipements :

A en croire le Service de la Donnée et des Etudes Statistiques (SDES), « la France n’a jamais disposé d’infrastructures de transport aussi denses et aussi complètes » : 1 million 100 000 kilomètres de routes (contre 970 000 en 2002), dont 11 600 km d’autoroutes (contre 8800 en 2000), 28 000 kilomètres de lignes ferroviaires, près de 2000 kilomètres de lignes de métro, de RER et de tramways en cumulé (contre 534 kilomètres à peine en 2000!)… Ou encore, environ 9000 kilomètres de voies navigables, plus d’une vingtaine de ports maritimes dont trois parmi les plus grands de l’Union Européenne, ainsi que deux des aéroports européens les plus importants (Roissy et Orly).

 

Ces 15 dernières années, le nombre de véhicules routiers a augmenté : presque 5 millions de plus qu’au début des années 2000. 60% des camions et des véhicules lourds de transport de voyageurs (cars, bus) roulent encore au diesel. En 15 ans, la longueur totale du réseau routier a augmenté de près de 13%, celle des autoroutes de 31% et celle des routes communales de 21%. En comparaison avec ses partenaires européens, la France possède un réseau routier particulièrement long et sa densité́ (en kilomètres par million d’habitants) est particulièrement forte : ainsi par exemple, le réseau est 2,5 fois moins dense au Royaume-Uni. Toutefois, pour ce qui concerne les autoroutes et les routes nationales, la France arrive derrière l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

 

Pour ce qui est du réseau ferré en service, 876 kilomètres de lignes à grande vitesse ont été créés ces 15 dernières années, mais de nombreuses lignes à une voie ont été supprimées dans le même temps. Le taux d’électrification du réseau s’est accéléré́ en 10 ans : moins d’une ligne sur deux était électrifiée il y a 15 ans, presque les deux tiers le sont aujourd’hui. Cela fait du réseau ferroviaire français le deuxième d’Europe, en longueur comme en densité́. Par exemple, si l’on veut une comparaison, c’est aussi bien que l’Allemagne et deux fois mieux que l’Espagne.

 

Pour les réseaux navigables : lire notre article sur Clicandsea

 

Les chiffres de fréquentation des réseaux de transports en France

 

606 milliards de véhicules par kilomètre, c’est la moyenne constatée en France en 2019, contre 548 milliards de véhicules par km en 2002! 186 milliards de véhicules / km pour les autoroutes (contre 150 en 2002), 23 milliards de véhicules/km pour les nationales (stable par rapport à 2002), 397 milliards de véhicules / km pour les autres routes (contre 375 en 2002) !
En dix ans, la circulation routière a au global augmenté de 8 % en France ; dans le détail, + 13% sur les réseaux autoroutiers, + 6% sur les réseaux secondaires, les chiffres n’ont guère évolué en revanche pour les routes nationales.

 

Sur la même période, la circulation des trains de marchandises a baissé d’un tiers, tandis que celle des trains de voyageurs est restée globalement stable (une légère hausse de 2 %). Pour les transports en commun, la hausse est importante pour le nombre de métros en circulation (+ 16 %) et pour le nombre de bus (+ 8 %), en revanche le chiffre est stable pour les trains régionaux (RER et TER) ; la circulation des tramways, quasi nulle il y a dix ans, connaît un développement spectaculaire : le nombre de trams en circulation a été́ multiplié par 3 en région parisienne, par deux sur le reste du territoire.

 

Les immatriculations :

En 2019, les immatriculations de véhicules routiers neufs ont retrouvé leur niveau d’il y a 10 ans : le parc roulant moyen a augmenté de 2,4 millions de véhicules (+6,6%), dont 500 000 véhicules utilitaires légers (VUL) soit une hausse de 8,3%. De son côté, le parc de poids lourds a légèrement diminué (-3,5%) tandis que dans celui des bus et des cars a progressé de plus de 9%. Enfin, le parc des voitures particulières a augmenté de 2 millions de véhicules (soit 6,4 %). Sur la même période (10 ans), le parc de matériel ferroviaire s’est accru en moyenne de 2,3% par an, celui des wagons de marchandises baissé en revanche de manière constante (-1,6 % par an en moyenne). Quant au nombre de bus et de cars immatriculés en France, il a augmenté en moyenne de 0,9 % par an depuis 10 ans. Depuis deux ans, la part des bus et autocars de plus de 40 places est en augmentation régulière (elle représente aujourd’hui 7 véhicules sur 10 dans cette catégorie). 95,3% roulent encore au gazole ! En 10 ans enfin, le parc des métros, RER et tramways a augmenté de 24% en France (+12% en Ile-de-France et +37% en province) : le nombre de rames a plus que triplé en Ile-de-France et s’accroît de 54% en province sur cette période.

 

Les chiffres du transport de voyageurs

 

L’an dernier, 941 milliards de voyageurs-kilomètre ont été transportés sur le territoire français : 757 milliards en véhicules particuliers (y compris étrangers), 111 milliards en transport ferré, le reste en autobus et autocars ou en avion. Les parts modales restent stables. Le transport individuel en véhicules particuliers et les transports collectifs représentent respectivement 80,5 % et 19,5 % du transport intérieur. « Ce dernier a globalement augmenté de 1 % cette année par rapport à la précédente, une hausse principalement portée par les transports collectifs (+3,4%), qui augmentent plus rapidement que le transport individuel (+0,4%). Les évolutions sont contrastées entre les différents types de transports collectifs. Les transports ferrés renouent avec la croissance avec une hausse de 6%, depuis la reprise de l’activité́ économique après la réforme ferroviaire, et en l’absence de mouvements sociaux. Le transport aérien en métropole poursuit la forte croissance entamée depuis 3 ans, avec + 4 % de hausse. En revanche, le transport collectif routier (autocars, autobus et tramways) recule depuis 2 ans (-1,3%) ».



Les chiffres du transport aérien

Le transport aérien intérieur (France entière) poursuit son augmentation depuis 2 ans (+ 3,6 %), dufait de l’augmentation du trafic transversal (+ 8,3 %) et des liaisons avec l’outre-mer (+6 %). Le fret aérien demeure très faible en revanche : 2,4 millions de tonnes de marchandises (hors poste et courrier) seulement sont traitées dans les aéroports français. Il concerne essentiellement le transport international de marchandises (93 % du total du fret aérien). Néanmoins, entre 2002 et 2019, le transport aérien de marchandises progresse en moyenne de 4% par an.

 

Pour les chiffres du transport maritime de voyageurs, lire notre article sur Clicandsea

 

Les chiffres clés du transport intérieur de marchandises

En 2017, 359 milliards de tonnes-kilomètre de marchandises ont été́ transportées sur le territoire français métropolitain. « Le transport intérieur terrestre de marchandises par la route domine largement, et progresse de manière constante au détriment du transport ferroviaire et du transport fluvial; la part de la route représente désormais 88,5% du transport terrestre, celle du transport ferroviaire 9,6% et celle du transport fluvial 1,9%. Sur la dernière année, le transport terrestre observe un net rebond (+6%), essentiellement stimulé par le transport routier (+ 6,5 %). Dans les ports français, les volumes de marchandises traitées progressent aussi très fortement, de 5,9 % sur la dernière année ».



Les chiffres clés de la consommation de transport et de la part des entreprises de transport dans l’économie française

La consommation des ménages en services de transports représente 14,4% de leur consommation totale et croît en moyenne de 1,5% par an depuis 10 ans.

« La production de transport par des entreprises réalisant un service de transport (pour elles-mêmes ou pour autrui) est de 210,3 milliards d’euros sur la dernière année, et progresse de 4,3% en volume. La branche transports représente en 2019 plus de 9% du produit intérieur brut (PIB) français et progresse en volume plus rapidement (+ 7,3 %) que l’ensemble de l’économie (+ 2,2 %) sur la dernière année, marquée par une forte hausse du transport de marchandises (+ 7,3 % en volume et + 10,2 % en valeur), comme du transport de voyageurs (+4,2 % en volume et +6,0% en valeur), du fait de la reprise de l’activité́ économique ». Les activités de poste et courrier poursuivent leur baisse en revanche, mais à un rythme moindre que les années précédentes (-1,7% en 2017 en volume, contre -3,2% en moyenne sur les quatre dernières années).

 

L’emploi dans les transports

« Avec 217 milliards de production en 2016, les entreprises de transport réalisent 7,6% de la production de l’ensemble des entreprises françaises (hors agriculture). L’excédent brut d’exploitation représente 8,4 % de leur production. 53 % des entreprises de transport assurent du transport de voyageurs. Elles emploient 31 % des salariés du secteur (les non-salariés sont nombreux dans le transport de voyageurs : taxis et voitures de transport avec chauffeur – VTC) et réalisent 30 % de la valeur ajoutée brute du secteur. Le transport de marchandises rassemble 31 % des entreprises du secteur, emploie 27% des salariés et réalise 22% de la valeur ajoutée du secteur. Les entreprises de services auxiliaires et de courrier sont relativement peu nombreuses (16 % des entreprises de transport), mais elles emploient 43 % des salariés et réalisent 47 % de la valeur ajoutée brute du secteur ». Avec un chiffre d’affaires de 45,8 milliards d’euros en 2016, les entreprises des transports routiers de fret et services de déménagement représentent près de 30 % des entreprises de transport, emploient plus de 25 % des salariés du transport et réalisent 22% du chiffre d’affaires et 20% de la valeur ajoutée. En 2016, le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée ont progressé respectivement de 2,9% et 2,7%.

 

« Les entreprises des transports routiers de voyageurs réalisent un chiffre d’affaires de 7,1 milliards d’euros en 2016, en progression de 0,4 % par rapport à 2015 ; leur valeur ajoutée a augmenté de 1,4% dans le même temps. Le nombre d’entreprises de taxis et VTC, qui sont constituées de nombreuses entreprises individuelles, poursuit sa progression rapide en 2016 (+ 12,1 %) et leur chiffre d’affaires croît de 8,7%. Il s’établit à 3,6 milliards d’euros en 2016, ce qui correspond à 1,7% du chiffre d’affaires de l’ensemble des entreprises des transports et entreposage ». Fin 2017, le secteur des transports et de l’entreposage emploie 1,4 million de salariés et 100 000 intérimaires. Le transport de voyageurs emploie 35% des salariés, le transport de marchandises 29%. 68 000 personnes exercent une activité́ non salariée dans le secteur, la moitié exerçant des activités de taxi et voitures de transport avec chauffeur (VTC). « Le salaire brut moyen par tête s’élève à 2570€ mensuels en 2017 dans l’ensemble des transports et de l’entreposage. En moyenne, il est plus élevé́ dans le transport de voyageurs et plus faible dans le transport routier de marchandises. Ceci s’explique notamment par une présence plus importante de cadres dans le transport de voyageurs».

 

« Au 31 décembre 2017, le secteur des transports et de l’entreposage emploie 1,4 million de salariés (hors intérim), soit 8% des salariés des secteurs principalement marchands. L’emploi salarié du secteur retrouve son niveau d’avant la crise de 2008. Avec 380 000 salariés, le transport routier de marchandises (+ 1,4 % en moyenne annuelle depuis 2012) demeure le principal pourvoyeur d’emploi. Les créations d’emploi sont particulièrement dynamiques dans les activités d’entreposage et de manutention (+2,7% en moyenne annuelle depuis 2012). Les activités de poste et de courrier ainsi que le transport ferroviaire perdent continûment des emplois depuis plus de 15 ans. Le secteur des transports mobilise près de 100 000 intérimaires. Le taux de recours à l’intérim, en forte hausse depuis 2012, atteint 7,1% fin 2017, alors qu’il n’est que de 1,7% pour l’ensemble du secteur tertiaire ».

 

Les femmes représentent 26,6% des salariés des transports, les hommes représentent 73,4%. Fin 2015, les salariés des transports et de l’entreposage étaient en moyenne âgés de 43,3 ans, soit 2 ans et demi au-dessus de la moyenne d’âge de l’ensemble des salariés du secteur privé. La population est vieillissante : 30 % des salariés ont 50 ans ou plus, soit 6 points de plus que dans l’ensemble du secteur privé. « Du fait de la prédominance des postes ouvriers, en particulier de conducteurs, près de trois quarts des emplois sont occupés par des hommes. Le taux d’emploi à temps partiel augmente avec l’âge et les femmes y sont surreprésentées ».

 

En 2015, 68 010 personnes exerçaient une activité́ non salariée dans le secteur des transports et de l’entreposage, soit 4,5% du total des emplois du secteur. L’activité́ est concentrée dans deux branches : les taxis et VTC (53 % des effectifs) et le transport routier de marchandises (30 %). La hausse des effectifs depuis 2009 est liée à l’essor des micro entrepreneurs, qui représentent, en 2015, 12 % des non-salariés du secteur. « Les non-salariés mono actifs, c’est-à-dire ne cumulant pas leur activité́ non salariée avec une activité́ salariée, ont perçu en moyenne 2000 euros par mois en 2015, hors micro entrepreneurs. Ce revenu net varie de 1 390 euros pour les taxis et VTC à 2 780 euros dans le transport routier de marchandises ».

 

Les chiffres du financement des transports


En 2017, le financement du transport par les administrations centrales et locales est de 44,7 milliards d’euros au total. Les dépenses de fonctionnement ont progressé en valeur de 1 % en moyenne annuelle depuis 2010, tandis que les dépenses d’investissement ont augmenté de 0,2% par an. Ces dernières représentent 34% des dépenses des administrations publiques en transport.

 

 

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