Plan transports : 17 milliards d’euros dégagés, des milliers d’emplois à la clé

Laisser un commentaire

On connaît maintenant la feuille de route de la ministre des Transports Elisabeth Borne : elle prévoit d’investir plus de 13 milliards d’euros dans les prochaines années, avec une enveloppe particulièrement bien garnie pour le développement et l’entretien du réseau routier et autoroutier. Une bonne nouvelle pour les professionnels du transport, forcément (voir notre article). « C’est même une priorité pour le ministère et le gouvernement », appuie un membre du cabinet de la Ministre. « Pendant les 5 ans qui viennent, l’entretien du réseau et des infrastructures sera privilégié en cas de nécessité d’arbitrage. La catastrophe de Gênes a été un révélateur dans de nombreux pays qui ont eu une véritable prise de conscience. Cela ne peut plus traîner, il y va de la sécurité et de la bonne santé économique des acteurs de la société qui font un usage intensif de la route. 13 milliards et demi d’euros, c’est quasiment deux fois plus que les sommes investies pendant le précédent quinquennat ».

 

Dans le détail, sur ces 13, 5 milliards d’euros, près de la moitié sera investie dans les routes, près de l’autre moitié servira à l’entretien du réseau ferroviaire – une bonne nouvelle aussi pour les acteurs du fret et de la logistique -, et le surplus sera dévolu au fluvial, aux ports, et aux autres projets de mobilité. Rien que pour les routes, l’investissement porte sur une somme colossale : presque 3 milliards d’euros engagés en 3 phases consécutives, contre moins de 700 millions d’euros par an jusqu’à présent. Bien sûr, dans la foulée de l’audit qui a porté sur l’état des ponts en France juste après le drame du viaduc de Gênes, le gros des efforts portera sur la rénovation, la consolidation et la construction de nouveaux ponts partout en France. Seront aussi aménagés de nouveaux nœuds autoroutiers ou encore, des infrastructures pour fluidifier la circulation dans les zones trop denses, par exemple la périphérie des grandes villes : une aubaine pour les entreprises spécialisées dans la livraison du dernier kilomètre et la messagerie express. Enfin, hors enveloppe budgétaire de 13,5 milliards d’euros, près de 3,5 milliards supplémentaires seront dégagés d’ici 2022 pour financer de grands projets bénéfiques au développement du transport, de la logistique et de la mobilité en France : plusieurs nouvelles lignes TGV pour le transport de voyageurs et de marchandises par le rail, le canal Seine Nord (voir notre article) ou encore, le tunnel Lyon Turin.

 

La moins bonne nouvelle, c’est que le gouvernement devra forcément trouver des moyens de financement pour ce plan transports ambitieux, et le spectre d’un nouveau mode de taxation des camions de marchandises n’est jamais très loin quand on parle « nouvelles recettes potentielles » : Elisabeth Borne a déjà plusieurs fois évoqué l’hypothèse de vignettes, ou de péages (lire notre article). Mais selon les économistes, le cercle pourrait être vertueux et la contribution des entreprises de transports à ce plan gouvernemental pourrait leur rapporter davantage qu’elle ne les pénaliserait : « si on parvient enfin à faire aboutir le projet de canal Seine Nord pour le fluvial, si on rénove le rail et qu’on devient performants sur le fret ferroviaire, si les entreprises de transport par la route peuvent économiser sur l’entretien et le renouvellement de leurs flottes de véhicules lourds grâce à un réseau routier mieux entretenu et moins usant pour le matériel, cela générera sans aucun doute pour le secteur davantage de rentrées financières ou en tout cas d’économies, que de pertes », analyse un économiste du laboratoire MRTE (Mobilité, Réseaux, Territoires, Environnement).

 

Dans cette hypothèse, le plan transports du gouvernement pourrait à terme être facteur de créations d’emplois significatives, aussi bien dans la phase de mise en place des chantiers et des infrastructures, que dans le développement des activités affiliées à ces infrastructures une fois créées ou rénovées. En clair, « si Emmanuel Macron et ses ministres des Transports et de la Transition Ecologique parviennent à un compromis avec les acteurs de l’économie du transport et de la logistique, des milliers d’emplois pourraient être induits par le développement de l’activité et l’amélioration de la rentabilité des entreprises concernées. Pour le seul Canal Seine Nord par exemple, on a estimé que la seule plateforme une fois en fonctionnement générerait 12 000 emplois pour le chantier, plus de 50 000 emplois direct et indirects après », rapporte une étude socio économique Seine Escaut.

 

« Donnez nous la plateforme et nous créerons des emplois », martèlent les grands groupes installés dans les hauts de France et gros consommateurs de transport et de logistique, comme Bonduelle, Décathlon, Castorama, La Redoute, Toyota, Suez… Du côté des Voies Navigables de France (VNF), certains rapportent que 45 000 emplois seraient générés par le projet grâce au doublement de l’activité dans les ports français concernés (Paris, Le Havre, Rouen, Lille, Dunkerque…). Du côté du ferroviaire, on estime que chaque nouvelle ligne de TGV crée 1700 emplois directs et indirects au minimum. Soit près de 10 000 postes pour l’ensemble des projets retenus par le plan Transports. Quant aux retombées positives pour les entreprises de transport de marchandises par la route, elles sont difficiles à quantifier pour l’instant mais tous les patrons de PME et de grandes entreprises spécialisées à qui nous avons posé la question le confirment : « un réseau entretenu permet d’augmenter la rentabilité de chaque trajet effectué et donc, cela aura indiscutablement des répercussions favorables au recrutement ».

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *